Mais de quoi est donc mort Lénine ?

Moscou, le samedi 9 mars 2013 – Ce 5 mars nous aurions pu célébrer les soixante ans de la mort de Joseph Staline, qui s’est éteint le 5/03/53 comme l’enseignait un précieux moyen mnémotechnique en cours d’histoire au lycée ! Mais c’est au décès d’une autre très grande figure du communisme que le blog Passeur de Sciences hébergé par le Monde, si souvent cité dans ces colonnes et animé par le journaliste Pierre Barthélémy, s’est intéressé récemment : Vladimir Illitch Oulianov dit Lénine.

Athérosclérose ? Non syphilis !

A bien des égards, le père de la Révolution russe a d’ailleurs entamé son trépas il y a exactement 90 ans puisque c’est en mars 1923 qu’il fut frappé par un troisième accident vasculaire cérébral qui priva le célèbre orateur de la parole et qui marqua le début de sa longue agonie jusqu’au jour de sa mort le 21 janvier 1924. Lénine n’avait alors que 53 ans et avait été marqué par une très importante athérosclérose comme le révéla bientôt l’autopsie. Ses plaques d’athérome avaient-elles été favorisées par une hygiène de vie particulièrement délétère ? Rien ne semble l’indiquer. Pierre Barthélémy rappelle que le leader communiste « ne fumait pas et interdisait qu’on allume une cigarette en sa présence, il faisait de l’exercice, buvait modérément et n’était pas obèse ». Ces constatations et le désir souvent inconscient de voir les « grands hommes » connaître de « grande mort » ont conduit certains à nourrir quelques théories nébuleuses sur la disparition de Lénine. La plus célèbre est sans doute la thèse de trois médecins israéliens, qui comme le rappelle Passeur de sciences ont avancé, dans une étude publiée en 2004, l’idée dans une étude publiée en 2004 que les troubles neurologiques présentés par le chef d’Etat russe à la fin de sa vie étaient fortement évocateurs d’une neurosyphilis. Lénine n’avait-il d’ailleurs pas reçu du Salvarsan, dérivé de l'arsenic prescrit à l’époque comme le traitement de référence de la syphilis, renchérirent les chercheurs israéliens. Une démonstration qui cependant n’emporta pas l’unanime conviction. Dès lors, les interrogations quant à l’origine de la mort de Lénine demeuraient entières.

Tout est génétique

L’idée pour dénouer la clé possible du mystère était simple mais n’avait pourtant pas encore été soulevée. Pourquoi ne pas regarder du côté des antécédents de Vladimir Illitch se sont demandés trois chercheurs russes et américains qui décrivaient en février les étapes de leur investigation dans la revue Human Pathology. Bonne pioche : dans la famille Lénine, le père est mort à 54 ans d'un accident vasculaire cérébral, tandis que trois de ses frères et sœurs ont été victimes d’une maladie cardiovasculaire ! Voilà qui relance la piste génétique bien plus probable que celle de la syphilis : les lésions observées sur le cerveau de Lénine étant bien différentes de celles provoquées par cette maladie. D’ailleurs les trois « médecins détectives » comme les surnomme Pierre Barthélémy signalent qu’a été identifiée en 2011 une mutation génétique à l’origine « dans certaines familles de calcifications artérielles aussi massives que ciblées, dans les mains et dans les jambes ». Vérifier que Lénine était porteur d’une mutation semblable entraînant des calcifications dévastatrices des artères cérébrales n’est en théorie pas impossible puisque le cerveau du chef de la révolution a fait l’objet d’une conservation et d’un découpage très minutieux et a été pendant très longtemps le premier objet d’étude de l’Institut du cerveau à Moscou.

En attendant les suites éventuelles de cette affaire, vous pouvez en lire le résumé sur le site Passeur de sciences : http://passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2013/03/03/le-mystere-de-la-mort-de-lenine-enfin-resolu/

Aurélie Haroche

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