Qu’est-ce qui n’est pas, on l’espère, voué à l’échec ?

Paris, le samedi 19 mars 2022 – Pour l’Institut Imagine, c’est une routine. Le lancement d’un protocole d’évaluation d’une possible thérapie est en effet inscrit dans le code génétique de cette institution justement dédiée à la compréhension et à la prise en charge des maladies génétiques. Mais pour la FFE c’est une démarche inédite.

Mémorisation et concentration

Début mars, à l’occasion d’une conférence organisée à l’Institut Imagine, les représentants de la Fédération Française des échecs (FFE) ont dévoilé, en présence de Franck Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale ou encore du Dr Maurice Bensoussan, président de la Société française de Psychiatrie, le projet Infinite. Ce dernier a pour objectif d’évaluer la pertinence d’une initiation aux jeux d’échecs pour améliorer les capacités de concentration, mémorisation, construction logique, d’interaction sociale des enfants souffrant de troubles autistiques, de troubles DYS ou de de troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité. A partir de début avril, seize enfants, suivis dans quatre centres spécialisés vont pouvoir suivre un « parcours d’apprentissage adapté du jeu d’échecs » et seront l’objet d’un suivi médical et scientifique, explique au site Handicap.fr, Franck Droin, président de la Commission santé et handicap de la Fédération française des échecs (FFE).

Expérience espagnole

L’idée que les échecs pourraient contribuer à améliorer certains des symptômes des enfants atteints de troubles dys, autistiques ou de TDAH est partagée par un certain nombre de spécialistes. « Nous avons remarqué que jouer aux échecs pour un enfant autiste, dys ou avec des troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité peut avoir des effets positifs en termes relationnel, de repérage dans l'espace, de concentration, de sociabilisation car, assez naturellement, ils vont s'ouvrir plus facilement aux autres. Grâce à sa grammaire commune, c'est un jeu universel et intergénérationnel. Le joueur va également apprendre la gestion du temps et des priorités. Ce jeu « borné » est très séquentiel, divisé en 64 cases blanches et noires, les formes de pièces sont plutôt bien découpées. Enfin, dans la conscience collective, il s'agit d'un jeu d'intelligence socialement valorisant. C'est forcément bien pour l'enfant, il y a un a priori très positif. Par exemple, si un élève en difficulté se lance dans cette activité, le regard du corps enseignant va changer » remarque ainsi Franck Droin.

Cependant, pour l’heure, il n’existe pas d’études permettant d’asseoir cette hypothèse et c’est ce que le programme Infinite veut pallier. Néanmoins, le recours aux échecs dans la prise en charge des enfants souffrant de ces différents troubles est déjà opérationnel dans certains pays, comme en Espagne.

A.H.

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