Nouvelle semaine de grève dans les maternités françaises

Paris, le mardi 28 décembre 2021 - La semaine de la nativité sera aussi celle de la grève des sages-femmes.

Depuis le 24 décembre et jusqu’au réveillon de la Saint-Sylvestre, plusieurs organisations syndicales ont appelé les maïeuticiens à la grève pour obtenir une amélioration des conditions de sécurité et d’accompagnement, ainsi qu’une augmentation des effectifs. Un mouvement soutenu par les syndicats minoritaires mais aussi par la base.

Certes, en novembre dernier, un protocole d’accord signé par trois organisations majoritaires dans la fonction publique hospitalière (CFDT, FO et UNSA) avait permis aux sages femmes d’obtenir un certain nombre d’avancées (augmentation des rémunérations et création d’une sixième année de formation).

Mais pour l'Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), le compte n’y est pas. Interrogée par Europe 1, Camille Dumortier, présidente de la structure milite pour un véritable « choc d’attractivité ».

Pour Camille Dumortier, plus que l'enjeu financier, c'est celui des conditions de travail et des moyens qui reste central : "on pourrait doubler nos salaires, on n'aurait pas envie de continuer dans ces conditions".

Une sage-femme s'occupe aujourd'hui en moyenne de trois à quatre patientes, contre une seule selon les recommandations, indique la présidente de l'ONSSF.

Réquisition de sages femmes à Marseille

Sur le terrain, à Reims, Marseille, Limoges ou encore Nantes, le mouvement est particulièrement suivi. Interrogés par FranceInfo, les grévistes dénoncent notamment le « rythme effréné » imposé aux soignants, faute de personnel adéquat.

A Marseille, 33 sages-femmes grévistes de la maternité ont fait l’objet d’une réquisition par la préfecture, sur demande de l’ARS, pour assurer la continuité du service public. Une décision préfectorale contestée devant les juridictions administratives par onze praticiennes.

Seulement 15 000 lits fin 2020

En toile de fond, la poursuite de la fermeture des lits en maternité entre 2019 et 2020. Fin novembre, la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) indiquait que la France passait pour la première fois sous le seuil des 15 000 lits en maternité.

La France comptait 14 803 lits au 31 décembre 2020, contre 15 057 un an plus tôt répartis dans 478 maternités (contre 742 en 2000 et 1300 dans les années 1970).

C.H.

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