Estring®, anneau vaginal : une nouvelle option disponible pour l’estrogénothérapie locale

Estring® est un nouveau système de diffusion vaginale de l’estrogénothérapie. Il est le seul anneau vaginal indiqué dans le traitement de la vaginite atrophique (due à un déficit en estrogène) de la femme ménopausée.

L’actif délivré est du 17β-estradiol synthétique, substance chimiquement et biologiquement identique à l’estradiol humain endogène. C’est aussi la molécule majoritairement utilisée dans le cadre du traitement de la ménopause (THS). A ce titre, Estring® est le seul traitement local, par voie vaginale, à base d’estradiol.

Une délivrance du principe actif pendant 3 mois

Estring® est proposé sous la forme d’un anneau souple constitué d’un élastomère de silicone avec un flexible contenant le réservoir d’estradiol. Une fois inséré dans le vagin, l’anneau peut être laissé en place sans interruption pendant 3 mois. Grâce à ses propriétés pharmacodynamiques, après un bref pic initial, il délivre de façon constante 7,5 microgrammes par 24 heures de 17β estradiol durant toute cette période.

Un niveau plasmatique constant, d’environ 10 pg/mL ou moins, est atteint en 2 à 3 jours. Il reste maintenu toute la durée de traitement, c'est-à-dire 90 jours. La perte de production d’estrogènes chez les femmes ménopausées est ainsi compensée.

L’estradiol étant principalement métabolisé par le foie, l’anneau permet, grâce à sa diffusion vaginale, d’éviter le métabolisme de premier passage et limite l’absorption systémique. Il permettrait ainsi d’augmenter les concentrations cibles locales d’estradiol, tout en maintenant des concentrations plasmatiques systémiques très faibles et stables.

En conséquence, il est adapté au traitement des symptômes urogénitaux dus à un déficit en estrogènes mais pas à celui des symptômes de la ménopause comme les symptômes vasomoteurs par exemple.

Une efficacité démontrée sur les symptômes et les signes cliniques

Différentes études menées chez des femmes ménopausées ont montré que l’anneau vaginal Estring® permettait de soulager ou d’atténuer les symptômes et signes du déficit urogénital en estrogène après la ménopause. Généralement, l’efficacité était observée dès 3 semaines de traitement.

Dans une analyse compilant les résultats obtenus dans 9 études cliniques menées chez des femmes ménopausées, il a été montré un excellent taux de réponse sur différents symptômes. Les patientes suivies ont rapporté une amélioration des symptômes vaginaux dans 95 à 100 % des cas (diminution de la sécheresse vaginale, du prurit, des dyspareunies) et une amélioration des troubles urinaires.

De leur côté, les cliniciens ont observé une diminution des signes cliniques de l’atrophie vaginale, à savoir moins de pâleur de l’épithélium vaginal, moins de pétéchies, moins de friabilité, moins de sécheresse ou encore moins d’atrophie de la muqueuse.

Concernant les signes objectifs d’atrophie, il a également été montré une action correctrice de l’anneau vaginal sur le pH vaginal. Son utilisation permet en effet un retour vers des valeurs pré ménopausiques (< 5).

Enfin, Estring® a montré une efficacité comparable sur le soulagement des symptômes de l’atrophie vaginale versus les autres médicaments locaux à base d’estrogènes.

Bien accepté et d’utilisation simple

En tant que concept innovant, cet anneau vaginal a fait l’objet d’une étude d’acceptabilité de cette nouvelle forme de délivrance de l’estrogène au niveau local. Les résultats obtenus ont révélé que, pour 90 % des femmes, l’acceptabilité de l’anneau a été bonne ou excellente.

Une analyse des différentes études d’acceptabilité menées entre les formes crème et l’anneau vaginal reconnaît un avantage significatif de l’anneau vaginal pour l’adhésion au traitement, le confort du produit, ou la facilité d’utilisation. Enfin, l’acceptabilité du système est également jugée meilleure pour l’anneau que pour le comprimé intravaginal. Toutes ces études ont montré une préférence pour Estring® versus les autres traitements locaux.

En pratique, Il se présente sous la forme d’un anneau souple de 55mm de diamètre et de 9mm de diamètre transversal. L’anneau est inséré dans le tiers supérieur du vagin.

Une fois inséré, Estring® est laissé en place sans interruption pendant 90 jours. Au terme de cette période, il est remplacé par un nouvel anneau selon les besoins. La durée maximale recommandée de traitement continu est de 2 ans. La mise en place de l’anneau, comme son retrait, peut se faire par le médecin au cabinet ou par la patiente elle-même.

Pour le Dr MH Colson, le médecin doit bien expliquer à la patiente la façon de mettre en place le dispositif et la rassurer sur le fait que « C’est très facile à utiliser, ça ne coule pas, ça n’a pas de goût et pas d’odeur. En fait la femme le met et peut l’oublier pour quelques semaines ! »

La mise en route du traitement en pratique

A noter que ce produit, disponible sur prescription médicale, n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Le traitement peut débuter à tout moment chez les femmes présentant une aménorrhée établie ou des intervalles prolongés entre les menstruations spontanées. Pour les patientes traitées au préalable par un traitement séquentiel continu ou cyclique, il convient de terminer le cycle, après une hémorragie de privation, avant de passer à Estring®. Pour les patientes traitées par un traitement combiné en continu, le traitement peut être commencé à tout moment.

Ce traitement n’est pas adapté à certaines femmes, en particulier celles ayant un vagin étroit ou court en raison d’une précédente intervention chirurgicale, d’une atrophie ou d’un prolapsus utéro-vaginal. Ces situations sont en effet suffisamment graves pour entraîner des difficultés à maintenir l’anneau en place.

En outre, toute femme ayant des symptômes ou des signes de pertes vaginales anormales, ou celles éprouvant une gêne vaginale ou présentant des saignements vaginaux, doit faire l’objet d’un examen complet.

L’objectif est d’exclure une ulcération, une infection ou une vaginite atrophique ne répondant pas au traitement.

En cas de gêne persistante ou sévère ou d’un mouvement excessif de l’anneau, le traitement doit être arrêté. Des signes d’ulcération ou d’inflammation sévère due à une vaginite atrophique ne répondant pas au traitement imposent également l’arrêt du traitement.

Estring®, actuellement commercialisé dans 15 pays (Suède, Finlande, Norvège, Irlande, Suisse, UK, Danemark, Canada, USA, Allemagne, Singapour, Afrique du Sud, Italie, Espagne, Slovénie) a été mis à la disposition des médecins français en septembre 2016.

Référence
Dossier de presse du 30 juin 2016 : « Santé uro-vaginale et atrophie vaginale : Estring®, premier anneau vaginal à diffusion locale de 17 bêta estradiot dans le traitement de la vaginite atrophique de la femme ménopausée. »

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