Grâce au niraparib, plus besoin d’attendre que le cancer de l’ovaire récidive

Le cancer de l’ovaire, bien moins fréquent que celui du sein, est responsable de près de 5 000 nouveaux cas et 3 500 décès par an (données 2018). C’est un cancer de la femme « âgée » avec une médiane de 65 ans au moment du diagnostic. Son pronostic est malheureusement sombre avec une survie à 5 ans estimée à 43 %. En effet, à la différence du cancer du sein, le cancer de l’ovaire se développe à bas bruit avec des signes non spécifiques et, en l’absence de tests de dépistage assez sensibles et spécifiques, le diagnostic est souvent tardif.

La majorité (90 %) des cancers de l’ovaire sont des adénocarcinomes (sérieux ou endométrioïde de haut grade pour la plupart). La classification FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie Obstétrique) est utilisée pour classer les stades de la maladie qui vont de I (pour une tumeur limitée aux ovaires ou aux trompes de Fallope) à IV (en cas de métastases à distance).

Les cancers de l’ovaire sont sensibles à la chimiothérapie mais récidivent très souvent

La prise en charge thérapeutique du cancer de l’ovaire a peu évolué en 20 ans. Elle repose majoritairement sur la chirurgie et la chimiothérapie. La stratégie thérapeutique exacte est décidée lors d’une RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) qui permet de définir un PPS (programme personnalisé de soins) qui sera remis à la patiente et aux médecins de son choix.  

« Le traitement standard qui associe chirurgie et chimiothérapie assure une réponse complète définie par la normalisation du scanner et des marqueurs sériques chez environ 70 % des patientes », indique le Pr Gilles Freyer, directeur de l’Institut de cancérologie des Hospices civils de Lyon. Cependant, 70 % de ces dernières vont récidiver dans les 3 ans.

« Ces patientes doivent alors recevoir une nouvelle chimiothérapie, avec à nouveau un risque élevé de rechute et par conséquent elles sont soumises à des chimiothérapies itératives, ajoute le Dr Philippe Follana (oncologue médical à Nice). D’où l’utilité de disposer d’un traitement d’entretien capable d’éviter les rechutes ou du moins d’en reculer la survenue ».

Extension d’AMM pour le niraparib suite aux résultats de l’étude PRIMA

A la différence d’autres inhibiteurs de PARP (enzymes poly-[ADPriboses] polymérase), le niraparib (Zejula®) est indiqué en traitement d’entretien des cancers de l’ovaire de haut grade sensible au platine, indépendamment du statut des biomarqueurs (mutations constitutionnelles ou somatiques). Après avoir obtenu son AMM (et son remboursement) en traitement d’entretien des cancers de l’ovaire de haut grade récidivants, le niraparib vient d’obtenir son AMM en traitement d’entretien des cancers de l’ovaire nouvellement diagnostiqués ayant répondu à une première ligne de chimiothérapie (remboursement à l’étude). Compte tenu du haut potentiel de récidives de ce type de cancer, cette nouvelle indication représente une chance supplémentaire pour ces patientes.  

Cette extension d’AMM fait suite aux résultats de l’étude PRIMA (étude internationale de phase III multicentrique randomisée en double aveugle contre placebo, menée dans 20 pays) qui a inclus « 733 patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire avancé (stades FIGO III et IV) nouvellement diagnostiqué, ayant ou non bénéficié d’une chirurgie, en réponse complète ou partielle à une première ligne de chimiothérapie à base de platine ». Les résultats de l’étude ont montré une durée médiane de survie sans progression de 21,9 mois sous niraparib contre 10,4 mois sous placebo chez les patientes HRD+ (Homologous Recombination Deficiency), soit des mutations constituant des facteurs de vulnérabilité de la tumeur. Dans la population globale, la survie sans progression est de 13,8 mois sous niraparib versus 8,2 mois sous placebo.

« Le bénéfice du traitement d’entretien par niraparib est clairement démontré pour l’ensemble des patientes, même s’il est significativement plus important dans le groupe de patientes ayant une mutation génétique de la réparation de l’ADN ... Parmi elles, les patientes présentant une mutation BRCA ont un bénéfice encore supérieur, avec une diminution du risque de rechute qui atteint 60 % (ou 65 % chez les BRCA2mut) », explique le Dr P. Follana.

En pratique, le niraparib doit être instauré par un spécialiste en oncologie. Dans cette nouvelle indication (traitement d'entretien du cancer de l'ovaire nouvellement diagnostiqué ayant répondu à une première ligne de chimiothérapie), la dose initiale recommandée est de 200 mg, une fois par jour (poids < 77 kg et/ou taux de plaquettes < 150 000/μL) ou 300 mg, une fois par jour (poids ≥ 77 kg et taux de plaquettes ≥ 150 000/ μL). Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés (≥ 10 %) sont d’ordre hématologiques (thrombopénie et anémie). Le résumé des caractéristiques du produit est disponible sur la base de données publique des médicaments (http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr).

Dr Dounia Hamdi

Référence
D’après le communiqué de presse du laboratoire GlaxoSmithKline – Novembre 2020

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