Un dispositif médical naturel pour traiter la cystite ?

Femannose N dont le principe actif est le D-mannose est un dispositif médical qui se positionne  dans le traitement et la prévention des cystites.

Le D-mannose se comporte comme un récepteur « leurre » qui permettrait de détourner les E. Coli des cellules de l’urothélium. En effet, E. Coli est composée de plusieurs types de pili et les pili de type 1 (les plus nombreux) sont attirés par le D-mannose (1). Le Femannose saturerait la vessie en D-mannose, ce qui empêcherait les bactéries d’adhérer à la paroi vésicale. Par ailleurs, le D-mannose pourrait décrocher les bactéries déjà fixées sur la vessie. Les bactéries en suspension sont ensuite éliminées par le flux urinaire.

Le D-mannose a fait l’objet de deux études randomisées et contrôlées dans le traitement de la cystite aiguë (1) et en prophylaxie (1, 2). Dans une étude pilote conduite chez 43 patientes dont 38 avaient une infection urinaire avec culture positive, le D-mannose a été administré en curatif 2 fois par jour pendant 3 jours puis une fois par jour pendant 10 jours puis, à titre prophylactique, une semaine par mois pendant 6 mois (1). Pour la partie prophylactique de l’étude, les patientes ont été randomisées en deux groupes : traitement actif (n = 22) et placebo (n = 21). Il en ressort une amélioration significative de la majorité des symptômes urinaires à la fin du traitement. Après 15 jours, les cultures étaient négatives chez 90,7 % des patientes (n = 39) et les récurrences étaient diminuées chez les patientes traitées en prophylaxie (4,5 % versus 33,3 % dans le groupe non traité).

Dans une autre étude, 308 patientes ayant des infections urinaires à répétition ont reçu en prophylaxie soit du D-mannose (2 g dans 200 ml d’eau/ jour pendant 6 mois) (n = 103), soit 50 mg/jour de nitrofurantoine (n =103), soit aucun traitement (n = 102). Le D-mannose s’est avéré plus efficace que l’absence de traitement (RR [Risque relatif] = 0,239 ; p < 0,0001). Il en était de même pour la nitrofurantoine (RR = 0,335 ; p < 0,0001).

(1)Bouckaert J et coll.: Receptor binding studies disclose a novel class of high-affinity inhibitors of the Escherichia coli FimH adhesin. Mol Microbiol. 2005 Jan ; 55(2): 441-55.
(2)Domenici L et coll.: D-mannose: a promising support for acute urinary tract infections in women. A pilot study. European Review for Medical and Pharmacological Sciences 2016 ; 20: 2920-2925.
(3)Kranicec B et coll.: D-mannose powder for prophylaxis of recurrent urinary tract infections in women: a randomized clinical trial. World J Urol. 2014 Feb ; 32(1): 79-84.

IB

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