Un objectif thérapeutique pour contenir la maladie hyperuricémique

L’hyperuricémie avec dépôts d’urate toucherait près de 1 % de la population en France, où sa prévalence augmente. Le Pr Thomas Bardin (rhumatologue, Paris) a souligné combien le rhumatisme hyperuricémique réduit les capacités fonctionnelles et la qualité de vie des patients atteints. De plus, outre les manifestations articulaires, cette maladie menace la fonction rénale, en particulier chez les hypertendus et les diabétiques, comme l’a rappelé Pr Jean-Pierre Fauvel (néphrologue, Lyon), et constituerait un facteur de risque cardiovasculaire indépendant, selon le Pr Frank Paganelli (cardiologue, Marseille). Le médecin généraliste est au cœur de la prise en charge avec dépôts. Il intervient au moment des crises articulaires aiguës mais se doit surtout d’assurer le suivi et la surveillance au long cours.

Il faut impérativement ramener le taux d’uricémie sous le seuil de 60 mg/l (360 micromoles par litre), d'abord en renforçant les mesures hygiéno-diététiques, puis en prescrivant, en cas de manifestations cliniques, un traitement médicamenteux selon les recommandations de l'EULAR (2014). Il s'agit d'un traitement à vie. Or, près de 60 % des patients traités par hypo-uricémiant conservent une uricémie > 60 mg/l et 20 % ne surveillent pas ce taux, selon l'enquête ADAGIO réalisée en médecins générale avec le concours des Laboratoires Menarini (630 médecins généralistes y ont inclus 1 441 patients sous traitement de fond pour la goutte depuis plus de 3 mois). La moitié de la population de l'étude présentait une comorbidité, 85 % une surcharge pondérale, 70 % une hypertension artérielle (HTA), 62 % une dyslipidémie, 23,5 % un diabète de type 2 (DT2) et 17 % la triade HTA-DT2-dyslipidémie.

En plus du traitement de l'hyperuricémie chronique dans les cas où un dépôt d'urate s'est déjà produit, fébuxostat (Adenuric® 120  mg à dose fixe) est aussi indiqué en prévention et en traitement de l’hyperuricémie chez les adultes traités par chimiothérapie pour des hémopathies malignes et à risque (intermédiaire ou haut risque) de syndrome de lyse tumorale. Cette nouvelle indication a été obtenue suite à l’étude FLORENCE (1). Dans cet essai multicentrique randomisé en double aveugle réalisé chez 346 patients, le febuxostat a été bien toléré et a réduit l’uricémie moyenne plus rapidement que l’allopurinol tout en préservant aussi bien la fonction rénale (mesurée par la créatininémie). C'est un traitement particulièrement intéressant chez les patients nécessitant une diminution rapide des concentrations d’acide urique.

Claude Sarlin

Références
D'après le Dossier de presse « Regards croisés de 4 spécialités médicales. La prise en charge de l'hyperuricémie avec dépôts d'urates : vers un objectif commun ». Le 9 février 2016

1. Spina M et coll. : FLORENCE : a randomized, double-blind, phase III pivotal study of febuxostat versus allopurinol for the prevention of tumor lysis syndrome (TLS) in patients with hematologic malignancies at intermediate to high TLS risk. Annals of Oncology 2015, 26 : 2155-2161.

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