Une immunothérapie anti-PD1 efficace sur le cancer bronchique non à petites cellules

Keytruda® (pembrolizumab) fait mieux que la chimiothérapie pour améliorer la survie des patients atteints de cancer bronchique non à petites cellules (CBNPC) préalablement traités et exprimant PD-L1, quel qu'en soit le score. Telles sont les conclusions de l'étude KEYNOTE-010 (1). Dans cette étude pivot de phase II/III internationale, randomisée en ouvert, l'efficacité de deux doses de Keytruda® (2 mg/kg ou 10 mg/kg toutes les 3 semaines) a été étudiée par rapport à celle de la chimiothérapie par docétaxel (75 mg/m2 toutes les 3 semaines) chez 1 034 patients ayant un CBNPC (épidermoïde ou non) ayant progressé malgré un traitement à base de platine et dont les tumeurs exprimaient PD-L1 (score TPS (score de pourcentage d’expression tumorale) ≥ 1 %).

Au terme d'un suivi médian de 13,1 mois, le pembrolizumab, par rapport au docétaxel, a amélioré le taux de survie globale de +29 % à la dose de 2 mg/kg (RR [risque relatif] = 0,71 ; p = 0,0008 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 0,58 à 0,88) et de +39 % à la dose de 10 mg/kg (RR = 0,61 ; p < 0,0001 ; IC95 de 0,49 à 0,75).

La survie globale estimée à 1 an était de 43,2 % (2 mg/kg) et de 52,3 % (10 mg/kg) avec le pembrolizumab versus 34,6 % avec le docétaxel. Les durées médianes de survie globale étaient de 10,4 mois (IC95 de 9,4 à 11,9) et de 12,7 mois (IC95 de 10,0 à 17,3) respectivement avec les deux doses de pembrolizumab (versus 8,5 mois avec le docétaxel [IC95 de 7,5 à 9,8]).

Le bénéfice du pembrolizumab par rapport au docétaxel était important pour les patients à niveaux élevés de PD-L1 (score TPS ≥ 50 %) en termes de taux de survie globale : +46 % à la dose de 2 mg/kg [RR = 0,54 ; p = 0,0002 ; IC95 de 0,38 à 0,77] et +50 % à la dose de 10 mg/kg [RR = 0,50 ; p < 0,0001 ; IC95 de 0,36 à 0,70]). Les résultats allaient dans le même sens pour les taux de survie sans progression (RR = 0,59 [IC95 de 0,44 à 0,78 ; p = 0,0001] pour 2 mg/kg et RR = 0,59 [IC95 de 0,45 à 0,78, p < 0,0001] pour 10 mg/kg) ainsi que pour les durées médianes de survie sans progression (5,0 mois [IC95 de 4,0 à 6,5] et 5,2 mois [IC95 de 4,1 à 8,1] pour le pembrolizumab versus 4,1 mois pour le docétaxel [IC95 de 3,6 à 4,3]).

Keytruda® a été globalement bien toléré, avec peu d'événements indésirables de grades 3 à 5 aux deux doses. Les événements immunologique les plus fréquents étaient l'hypothyroïdie (8 % pour les doses de 2 mg/kg et 10 mg/kg), l'hyperthyroïdie (4 % et 6 %) et la pneumopathie inflammatoire (5 % et 4 %). Trois décès ont été rapportés dans chacun des deux groupes de dose.

Merck soumet actuellement une demande d’autorisation de mise sur le marché à l’Agence européenne des médicaments (EMA) pour cette indication.

Claude Sarlin

Références
D'après le communiqué de presse : Keytruda® (pembrolizumab), le nouveau traitement anti-PD1 du laboratoire Merck Sharp & Dohme (MSD).
(1) Herbst RS et coll. : Pembrolizumab versus docetaxel for previously treated, PD-L1-positive, advanced non-small-cell lung cancer (KEYNOTE-010): a randomised controlled trial. Lancet 18 décembre 2015.

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