Activité physique et cancer : à tout moment de l’histoire du cancer !

« De très nombreuses études suggèrent que l’activité physique ralentit la croissance des tumeurs, réduit la survenue de métastases et améliore l’efficacité et la tolérance de la chimiothérapie », signale le Pr Alain Cohen-Solal. Ces bénéfices apparaissent indépendamment de l’amélioration de la fatigue, des facteurs de risque cardio-vasculaire, du sommeil et de l’humeur.

A l’inverse, le cancer dégrade à long terme les capacités physiques, accélère le vieillissement et réduit la capacité à l’effort, de 10 % avant tout traitement et de 10 à 20 % supplémentaires avec le traitement.

La question se pose de savoir si l’activité physique améliore le pronostic si elle est effectuée avant tout traitement et pendant le traitement. Les études montrent que, quel que soit l’âge auquel il survient, le cancer du sein altère de 30 % environ les capacités physiques. Le même constat a été fait auprès d’adolescents, et particulièrement lorsqu’ils ont reçu une greffe de moelle.

Il a été montré également que l’exercice physique améliore le pronostic en cas de cancer du poumon, même guéri. Globalement, le fait d’avoir une bonne condition physique améliore le pronostic, tous cancers confondus, ce qui a conduit de nombreux oncologues à demander la mesure de la VO2max au moment du diagnostic, et à recommander une préhabilitation en cas de nécessité.

Quels sont les effets des programmes d’activité physique après traitement du cancer ?

Une étude menée par le Memorial Sloan Kettering Cancer Center aux Etats-Unis a mesuré les effets d’un exercice physique simple (stretching), d’un exercice continu et d’un exercice adapté chez des femmes après traitement de leur cancer du sein. Elle a montré que l’entraînement en endurance et l’entraînement intermittent améliorent la VO2 max, mais l’exercice aérobique est le plus performant et le plus régulièrement recommandé.

Les études animales ont montré aussi que l’exercice physique est susceptible de réduire la cardiotoxicité des traitements. Elles ont prouvé que l’exercice physique améliore la FEVG, le strain et le remodelage du ventricule gauche.

Chez l’homme, il n’existe toutefois que 8 études randomisées sur la prévention de la cardiotoxicité par l’exercice physique. Une grande hétérogénéité ressort de ces études notamment du fait des protocoles d’exercice proposés (type, durée et intensité), des méthodes d’évaluation et des critères d’inclusion différents. Elles montrent une amélioration du pic de VO2 sans modification franche de la FEVG ou du strain. Enfin, une étude française a montré que l’exercice physique a permis à 7 patients sur 10 d’arrêter leur traitement antidépresseur.

Au total, l’exercice physique, quel que soit le moment auquel il est proposé (avant, pendant ou après le traitement) améliore la qualité de vie, améliore sans doute la tolérance des chimiothérapies, réduit le taux de dépression et in fine, améliore la survie. « Dans ces conditions, elle devrait être intégrée dans les programmes de traitement anticancer », conclut le Pr Alain Cohen-Solal.

Dr Dominique-Jean Bouilliez

Références
Cohen-Solal A. Activité physique : quelle place en cardio-oncologie.
1ère édition du congrès de Cardio-Onco. Marseille, 9-10 juin 2022.

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