IRM chez les patients porteurs de pacemaker ou de défibrillateur automatique implantable : une étude de registre française

L’imagerie par résonance magnétique (IRM) joue un rôle croissant dans la prise en charge de nombreuses maladies chroniques. Sa mise en œuvre chez les patients porteurs d’un pacemaker ou d’un défibrillateur automatique implantable (DAI) reste le plus souvent complexe dans la pratique médicale courante, en dépit des recommandations régulièrement mises à jour par les sociétés savantes concernées.

Un protocole spécifique s’impose notamment avant l’IRM quand le dispositif médical est un DAI. Il faut disposer à proximité d’un défibrillateur externe et d’une équipe capable d’intervenir efficacement en cas d’urgence, notamment de trouble du rythme ventriculaire ou a fortiori d’arrêt cardiorespiratoire, le principe de précaution s’appliquant ici sans réserve. 

187 patients porteurs d’un pacemaker ou d’un DAI

Une étude transversale s’est penchée sur la faisabilité de l’IRM chez 187 patients porteurs de tels dispositifs médicaux nécessitant cet examen, recrutés au sein du service de radiologie de la Fondation Rothschild (Paris) entre juin 2020 et mai 2022. Dans tous les cas, 27 items pertinents ont été recueillis avant la réalisation de l’IRM, notamment la compatibilité du DAI ou du pacemaker avec l’IRM, la disponibilité d’un cliché thoracique standard pour vérifier la position des électrodes et du dispositif, mais aussi et surtout les contre-indications absolues. Ont été également pris en compte les seuils de détection et de stimulation, l’impédance des électrodes et les données sur la longévité des dispositifs. Les protocoles ont été adaptés aux deux types d’appareils.

IRM faisable près de sept fois sur dix

Au total, l’IRM a été réalisée chez 130 participants (69,5 %) : pour 50 d’entre eux (26, 7 %), le dispositif était compatible avec l’examen, alors qu’il ne l’était pas chez les 80 autres (42,8 %). Pour ces derniers, le risque de complications cardiaques a été jugé faible ou la perte de chance élevée en l’absence d’IRM (du fait de la non-compatibilité du matériel et de l’absence d’autre technique d’imagerie pouvant se substituer à l’IRM).

Chez 57 patients (30, 5 %), une contre-indication absolue a conduit à récuser l’examen, le plus souvent devant des électrodes épicardiques à l’abandon ou encore des dispositifs médicaux très anciens ou en bout de course. Les seuils de détection n’ont été que rarement modifiés au cours de l’exploration, à la différence de la stimulation qui a été souvent perturbée sans conséquence clinique, notamment lors des séquences de diffusion.

Un seul évènement clinique majeur a été déploré sous la forme d’une tachycardie ventriculaire survenue après l’IRM chez un patient bénéficiant de l’IRM pour un accident vasculaire cérébral ischémique aigu. Le dispositif médical était un pacemaker qui fonctionnait normalement avant l’admission en milieu neurologique. 

Cette petite étude menée dans les conditions de pratique médicale courante démontre que l’IRM est à la portée des patients porteurs d’un pacemaker ou d’un DAI, tout au moins dans un service hospitalier sensibilisé à cette technique. La coopération entre radiologues et cardiologues est la condition sine qua non. Dans des conditions de sécurité optimales et en respectant le principe de précaution, l’examen est réalisable près de sept fois sur dix. Un seul évènement sérieux a été rapporté et documenté dans cette cohorte.

Dr Philippe Tellier

Référence
D’après la présentation de Tibi T et coll. How to perform magnetic resonance imaging in patients with pacemakers or implantable cardioverter defibrillators ? Journées Européennes de la Société française de Cardiologie (JESFC) : Paris (Palais des Congrès) 11-13 janvier 2023.

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