Les protocoles pré-implantatoires ne se valent pas tous

De nombreuses stratégies ont été proposées pour préparer le transfert des embryons congelés. Les travaux sur le sujet sont pléthore, mais il n’existe pas, jusqu’à présent, de consensus déterminant le meilleur protocole pour préparer l’endomètre. Les paramètres à prendre en compte sont nombreux, comprenant à la fois le contrôle et la flexibilité du timing de transfert, le coût et le bon développement de l’endomètre, ainsi que les taux de grossesses, de fausse-couches et de naissances d’enfant vivant. Actuellement, les unités de fécondation in vitro (FIV) utilisent des protocoles variables et il est légitime de se demander si ces différentes modalités mises en pratique se répercutent sur les taux de grossesse.

4 protocoles pré-implantatoires analysés

Pour le savoir, une équipe Grecque a mené une étude rétrospective dans 4 centres d’aide médicale à la procréation. . Les données concernent 456 cycles avec vitrification, menés pour 369 patientes au cours des 5 dernières années. Quatre modalités ont été analysées. Pour le groupe 1, il s’agissait d’un cycle naturel en utilisant l’hCG comme stimulateur d’ovulation, sans soutien de la phase lutéale. Pour le groupe 2, le cycle était naturel, l’hCG était aussi utilisée, mais il y avait un soutien de la phase lutéale. Le groupe 3 bénéficiait d’un cycle artificiel avec blocage par un agoniste du GnRH. Enfin, pour le groupe 4, le cycle était artificiel mais sans blocage par un agoniste du GnRH. Le critère principal de jugement était le nombre de naissances d’enfant vivant et le taux de fausse-couches.

Les modalités de préparation de l’endomètre ont un impact sur le taux de naissances

Le nombre de naissances d’enfant vivant est supérieur de 81 % dans les groupes 2 et 3 par rapport au groupe 4, et plus de 8 fois supérieur quand la dose d’œstrogène administrée est stable par rapport à une dose croissante. Au total, dix-neuf fausse-couches ont été relevées et il apparaît que l’administration de progestérone sous forme de gel est significativement associée à un risque supérieur de fausse-couche, comparée à la prise de comprimés. Le taux de grossesses biochimique et clinique est plus faible dans le groupe 3 en comparaison au groupe 4, avec toutefois l’âge comme facteur prédictif significatif du taux de grossesses.

Enfin, en analyse multivariée, seules les modalités de préparation de l’endomètre ont un impact sur le taux de naissances d’enfant vivant, supérieur dans le groupe 3 par rapport au groupe 4 (6,51 ; IC 95 % 2,66 à 15,93).



Dr Roseline Péluchon

Référence
Siristatidis C. et coll. : Impact of different strategies in frozen cycles in normo responding patients undergoing IVF/ICSI cycles: a multicenter cohort study. Congrès annuel de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie. 5 au 8 juillet 2020 (virtuel).

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Vos réactions (1)

  • ROPA et échangisme procréatif

    Le 26 août 2020

    La ROPA est déjà dans les tuyaux.
    Quelle sera la tolérance de l'embryon "exogène" fabriqué avec l'ovocyte de la partenaire N°1, les spermatozoïdes anonymes puis implantés dans l'utérus de la partenaire N°2 qui est la mère porteuse.
    Qui peut éclairer une pauvre psychiatre perdue dans la cuisine des procréations et l'échangisme procréatif ?

    Dr Isabelle Gautier

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