Pas plus de malformations graves après ICSI qu’après FIV « classique »

Depuis la naissance du premier enfant après ICSI (Intracytoplasmic Spermatozoid Injection) en 1992, des inquiétudes sont apparues sur un sur-risque de malformations congénitales en comparaison avec les enfants nés après FIV (fécondation in vitro) « classique ». Les ICSI sont, en effet, plus souvent réalisées avec du sperme de faible qualité. D’une part, le risque de malformations congénitales est supérieur pour les enfants nés par procréation médicalement assistée (PMA) en comparaison à ceux conçus naturellement. D’autre part, l’effet de la cryopréservation des embryons sur le risque de malformations est lui aussi mal connu.

Près de 100 000 enfants nés après PMA

Les registres de données du Danemark, de la Norvège et de la Suède ont permis de constituer une vaste cohorte d’enfants (singletons) nés après PMA (ICSI n = 40 000, FIV classique n = 59 000) ou par conception naturelle (n = 4,8 millions), entre 1992 et 2015. Les résultats d’analyses effectuées à partir de ces registres ont été publiés récemment. Ces analyses ont été réalisées en régression multiple, ajustées sur l’âge maternel, la parité, l’année de naissance, le sexe de l’enfant, l’indice de masse corporelle, le tabagisme et le pays. Notons qu’elles portent sur les risques de malformations graves, la déclaration des malformations mineures n’étant pas de qualité suffisante dans les registres nationaux.

Pas plus de risque de malformations graves après ICSI en comparaison à la FIV…

Les données sont plutôt rassurantes. En effet, aucune différence n’apparaît dans le risque de malformation congénitale grave entre les enfants conçus après ICSI et après FIV classique (odds ratio ajusté ou AOR 1,06 ; IC 95 % 0,98 à 1,13). Il n’y a pas de différence non plus dans le risque de malformations graves entre les enfants nés après transfert d’un embryon ICSI frais versus embryon ICSI congelé-décongelé (AOR 1,11 ; 0,98 à 1,26). Les auteurs ont aussi comparé le risque de malformation grave entre les enfants nés après transfert d’un embryon ICSI congelé-décongelé et celui d’un embryon FIV congelé-décongelé. Le risque est là encore le même entre les deux groupes (AOR 1,04 ; 0,90 à 1,21). Enfin, aucune différence n’apparaît non plus lorsque ces comparaisons sont faites organe par organe.

…mais la conception naturelle reste la plus sure des trois

Pour autant, les conclusions ne sont pas tout à fait heureuses puisqu’elles confirment un risque significativement supérieur de malformation grave chez les enfants nés après ICSI en comparaison avec les enfants nés après conception naturelle (AOR 1,30 ; 1,24 à 1,36).

Dr Roseline Péluchon Henningsen A.K. et coll. : The risk of major congenital malformations in children conceived after ICSI: a Nordic cohort study. Congrès annuel de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie. 5 au 8 juillet 2020 (virtuel).

Référence
Henningsen A.K. et coll. : The risk of major congenital malformations in children conceived after ICSI: a Nordic cohort study. Congrès annuel de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie. 5 au 8 juillet 2020 (virtuel).

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