Accès direct aux paramédicaux : Véran très sévère vis-à-vis de l’Ordre des médecins

Paris, le mercredi 10 novembre 2021 – La question revient régulièrement : le fait d’être médecin est-il un atout quand on est ministre de la Santé. En tout cas, hier, Olivier Véran n’a pas hésité à utiliser son passé de neurologue pour défendre son projet très controversé de faciliter l’accès direct aux paramédicaux. « J’ai été médecin neurologue et j’ai prescrit des wagons de rééducation kiné sans savoir forcément mieux que le kiné à qui je prescris la rééducation ce qui était bon pour mon malade » a-t-il raconté aux sénateurs qui examinent à leur tour le projet de loi de financement de la sécurité Sociale dont les articles 40 et 41 prévoient d’aménager ces fameux accès directs aux kinésithérapeutes, infirmiers et orthoptistes.

Le corporatisme médical épinglé

L’anecdote était destinée à dénoncer les critiques qui sont formulées de façon acerbe depuis plusieurs jours par les syndicats médicaux contre cette évolution qui représenterait un danger pour la qualité de la prise en charge des patients. Alors que l’Ordre a tenu à apporter son soutien aux représentants des médecins libéraux, en signant avec eux une lettre adressée à la présidente de la Commission des affaires sociales du Sénat, Olivier Véran n’a pas caché son agacement vis-à-vis de cette prise de position de l’instance. « Quand je vois l’Ordre national, pour qui j’ai beaucoup de respect, faire des communications pour torpiller toute velléité qui consiste à permettre à des soignants paramédicaux parfaitement compétents de participer à l’offre de soins dans les territoires (…) je me dit que je ne serai pas le ministre qui freinera par rapport à cela ».

Les Sénateurs appelés à la cohérence

Enfin, alors que les Sénateurs ont été fortement sensibilisés par les médecins aux risques qui pourraient être liés à des transferts de compétence non encadrés (et alors qu’aucune concertation n’a eu lieu) et tandis que la majorité de droite pourrait être tentée de marquer son opposition vis-à-vis du gouvernement, Olivier Véran leur a rappelé que les sénateurs n’ont de cesse de rappeler les méfaits des déserts médicaux à travers différents courriers et autres amendements.

Léa Crébat

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (11)

  • Permettre l'accès direct à ces paramédicaux et assurer un contrôle médical

    Le 14 novembre 2021

    Je partage largement l'avis de notre ministre Olivier Véran et bien que retraité depuis de longues années, je ne pense pas que mes confrères exerçants aujourd'hui soient mieux formés que ceux de ma génération à la prescription en particulier en rééducations !
    Il faut permettre l'accès direct à ces paramédicaux et assurer un contrôle médical de la réalité et de la qualité des actes réalisés par eux.

    Dr François Wolff

  • Quel est l’interêt de conserver le parcours de soins ?

    Le 14 novembre 2021

    Très bien, permettons l’accès direct aux paramédicaux, puis bientôt aux psychologues ! Alors : quel est l’interêt de conserver le parcours de soins et le médecin traitant ? Est-ce encore une sanction pour le corps médical?
    Et qui prendra la responsabilité de prescrire les examens complémentaires si le paramédical le demande ou l’évoque au patient ! Nous encore !( pas d’accord ils font tout ou ils ne font rien)

    Dr Xavier Bodin

  • Fausse excuse

    Le 14 novembre 2021

    Le seul problème pourtant connu est que le désert médical, la ou il existe...est complet. Il n’y a guère de paramédicaux dans le secteur. C’est une fausse excuse qui en fait donnera accès aux paramédicaux directement dans les zones bien couvertes...

    Dr Astrid Wilk

Voir toutes les réactions (11)

Réagir à cet article