Associé à une statine, l'inclisiran diminue drastiquement le taux du LDL-C

L'inclisiran est un petit ARN interférent dirigé contre l'ARN de la proprotéine convertase subtilisine–kexine de type 9 (PCSK9). Il inhibe la production hépatique du PCSK9 ce qui favorise la dégradation du LDL-C (low-density lipoprotein cholesterol) et des autres lipoprotéines athérogènes, dont il diminue notablement le taux. L'inclisiran est administré, tous les six mois, par voie sous-cutanée (SC).

Scott Wright et coll. ont analysé les résultats poolés au niveau des patients, de trois essais de phase 3 menés avec l’inclisiran.

Outre un taux élevé de LDL-C, les patients inclus dans ces 3 essais avaient :

- soit une hypercholestérolémie hétérozygote familiale (ORION-9 [Trial to Evaluate the Effect of Inclisiran Treatment on LDL-C in Subjects With Heterozygous Familial Hypercholesterolemia]) ;
- soit une maladie cardiovasculaire athéromateuse (ORION-10 [Inclisiran for Participants With Atherosclerotic Cardiovascular Disease and LDL-C]) ;
- soit une maladie cardiovasculaire athéromateuse et de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire (ORION-11 [Inclisiran for Subjects With ASCVD or ASCVD-Risk Equivalents and Elevated LDL-C]).

Tous les patients recevaient une statine à la posologie maximale tolérée, avec ou sans autre agent hypolipidémiant.

Une injection sous-cutanée tous les six mois

Après randomisation, ils ont reçu, dans un rapport 1 : 1, inclisiran ou placebo, administrés tous deux par voie SC aux jours (J) 1 et 90, puis tous les 6 mois pendant 540 jours.

Les co-critères principaux étaient :

1 - pourcentage de modification du taux du LDL-C, corrigé en fonction du placebo, entre l’état basal et J 510 ;
2 - pourcentage de modification du taux du LDL-C, ajusté en fonction du temps écoulé entre l’état basal et la période allant de J 90 à J 540.

La randomisation a porté sur un total de 3 660 participants (ORION-9 : n = 482 ; ORION 10 : n = 1 561 ; ORION 11 : n = 1 617).

A J 510, sous inclisiran, le pourcentage de modification du taux du LDL-C corrigé en fonction du placebo était de −50,7% (intervalle de confiance [IC] 95 % : −52,9 % à −48,4 % ; p < 0,0001). Le pourcentage correspondant de modification du taux du LDL-C, ajusté en fonction du temps était de −50,5 % (IC 95 % : −52,1 % à −48,9 % ; p < 0,0001).

La sécurité d’emploi était semblable dans les 2 groupes. Cependant, les effets indésirables au point d’injection, étaient plus fréquents sous inclisiran que sous placebo (5,0 % vs 0,7 %), mais habituellement légers et jamais sévères ou persistants.

Il n’a pas été noté de différence entre les 2 groupes de traitement pour ce qui est des fonctions rénale et hépatique, du taux de créatine kinase et du nombre des plaquettes.

En conclusion, l’inclisiran administré deux fois par an par voie SC en sus d’une statine prescrite à la posologie maximale tolérée, associée ou non à un autre agent hypolipémiant, est un traitement efficace, sûr et bien toléré qui abaisse le taux du LDL-C chez les adultes présentant une hypercholestérolémie hétérozygote familiale, une maladie cardiovasculaire athéromateuse ou une maladie cardiovasculaire athéromateuse associée à de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire.

Dr Robert Haïat

Référence
Scott Wright R et coll. : Pooled Patient-Level Analysis of Inclisiran Trials in Patients With Familial Hypercholesterolemia or Atherosclerosis. J Am Coll Cardiol 2021 ; 77 : 1182-1193.

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Vos réactions (4)

  • Confusion des effets

    Le 17 juin 2021

    Quel pathétique article commercial!
    La baisse du LDL-C élevée ici au rang de critère principal est un miroir aux alouettes habituel: La baisse du LDL ne peut être considérée que comme un critère intermédiaire, et intermédiaire vers quoi? Vers une baisse de la mortalité toutes causes sous traitement et ici comme par hasard il n'en est pas question une seconde. On espère simplement que le cerveau des prescripteurs associera baisse du cholestérol et baisse de la mortalité, par confusion des effets thérapeutiques...

    Dr Vincent Reliquet

  • Le plus grand mensonge de l'histoire de la médecine

    Le 17 juin 2021

    Quand est-ce qu'on en aura fini avec ces poisons que sont les statines et le mythe du cholestérol, sans doute le plus grand mensonge de l'histoire de la médecine. Il est regrettable qu'un journal comme le vôtre ne donne pas la parole aux cholestérol sceptiques. Vous présentez une étude qui montre l'effet d'un médicaments sur le LDL cholestérol comme la plupart des études aujourd'hui. Ce qui est pertinent c'est l'effet d'un médicament sur la mortalité cardiovasculaire. Plus aucune étude sur les statines n'ont montré un quelconque effet sur la mortalité CV depuis les deux première études qui ont été faite avant l'affaire du Vioxx. On sait qu'à la suite de cette affaire les comités de lecture ont été plus exigeant sur les protocoles des études.
    Voir un de mes article sur le sujet :
    https://www.aimsib.org/2019/09/23/cholesterol-pourquoi-le-grand-mensonge-perdure/

    Dr Laurent Vercoustre

  • Hypercholesterolémie où est le problème ?

    Le 17 juin 2021

    Je n'arrive pas à comprendre que l'hypercholestérolémie soit encore considérée comme un facteur majeur dans le risque cardio-vasculaire, alors que sa participation dans les plaques d'athérome est si insignifiante. Comment peut-on encore prescrire des statines pour hypercholestérolémie ?

    Dr P. Rod

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