De l’implication de l’amygdale dans l’autisme

Les éditorialistes de l’American Journal of Psychiatry rappellent que l’amygdale est « l’une des premières structures » neurologiques altérée chez les personnes atteintes de troubles du spectre autistique (TSA). Alors que des études d’imagerie par résonance magnétique (IRM) de l’amygdale humaine démontrent qu’elle subit une maturation volumétrique postnatale particulièrement longue, se prolongeant jusqu’à l’adolescence, d’autres travaux –parmi les découvertes d’IRM les plus reproduites dans l’autisme– indiquent l’existence d’une augmentation précoce du volume de l’amygdale chez les sujets avec TSA, comparativement à des témoins appariés selon l’âge.

Déjà plus grande vers l’âge de 3 ans, l’amygdale continue de se développer plus rapidement que chez les enfants témoins non autistes, pendant plusieurs années, dans un sous-ensemble substantiel d’enfants avec TSA. Comme par ailleurs les patients atteints du syndrome de l’X fragile n’ont pas « d’altérations claires » du volume de l’amygdale pendant la petite enfance, malgré la présence de symptômes importants d’anxiété (comme certains sujets avec TSA), les auteurs en concluent que les altérations neurobiologiques sous-jacentes conduisant à des phénotypes comportementaux similaires (en l’occurrence une anxiété massive) peuvent se révéler en réalité assez diverses, en fonction des différents troubles du neurodéveloppement.

À ce propos, les auteurs soulignent l’énorme effort déployé par le réseau d’enquêteurs IBIS (the Infant Brain Imaging Study)[1]. Ces chercheurs étudient (sur plusieurs sites des États-Unis) le développement cérébral lors des troubles du neurodéveloppement, notamment grâce à l’imagerie en résonance magnétique, et par comparaison des fratries quand un aîné a un diagnostic de TSA.

En résumé, l’implication de l’amygdale dans les TSA constitue un axe de recherche important, en particulier pour préciser ce qui différencie les personnes autistes avec ou sans altérations de l’amygdale et les liens éventuels à la fois avec les symptômes principaux (des TSA) et les troubles concomitants.

[1] https://ibis-network.com/

Dr Alain Cohen

Référence
Amaral DG et coll.: Amygdala Involvement in autism: early postnatal changes, but what are the behavioral consequences? Am J. Psychiatry 2022; 179(08): 522–524.

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Vos réactions (2)

  • Question d'anatomie

    Le 21 septembre 2022

    Y a-t-il un rapport entre ce développement de l'amygdale et la persistance de la sous-plaque chez les jeunes enfants autistes ou à risque d'autisme ultérieur ?

    Dr C. Gintz

  • Complexités

    Le 22 septembre 2022

    Questions passionnantes. On aurait envie de savoir ce qui influence la croissance de l'amygdale observée, ce qui doit être bien complexe, et aussi en quoi la taille de l'amygdale peut elle être en relation avec un syndrome aussi vaste, et par quelles voies, et sous l'influence quelles interactions. Si bien qu'on se retrouve avec une série de nouvelles questions.
    Ainsi l'adjectif neurodéveloppemental, souvent présenté comme argument exhaustivement explicatif ouvre plus de portes, dont certaines cachées, qu'il n'en referme et, au fond, c'est aussi bien comme ça.

    Dr G. Bouquerel

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