Le 2019-nCoV fait tousser le régime chinois

Pékin, le jeudi 6 février 2020 - Les citoyens chinois sont de plus en plus nombreux à s’indigner sur les réseaux sociaux de la gestion de l’épidémie de coronavirus, dont le bilan s’élève pour la seule République populaire à 28 085 cas (259 hors de Chine), dont un premier cas avéré de transmission in-utero et 565 décès (2 hors de Chine).

C’est d’abord le cas de huit médecins arrêtés le 1er janvier qui a alimenté les discussions sur internet. Leur tort : avoir annoncé, avant les autres, que cette maladie allait devenir une crise sanitaire. « Au lieu de traiter le problème, on arrête ceux qui le dénoncent », a ainsi pu critiquer un internaute. « Le gouvernement de Wuhan, ce sont des bureaucrates qui constituent un fléau pour la nation », lit-on ailleurs. Des propos durs dans un pays où la liberté d’expression est pourtant très restreinte.

Mais de nombreux citoyens chinois sont d’autant plus agacés et prêts à exprimer leur désapprobation après la révélation d’une mise en garde lancée il y a un an par des scientifiques quant à une possible nouvelle épidémie de coronavirus et n’ayant donné lieu à aucune mesure de précaution particulière vis-à-vis notamment de la commercialisation de chauves-souris.  Dans une publication parue dans la revue Viruses en mars 2019 une équipe de chercheurs chinois estimait ainsi : « il est généralement acquis que les coronavirus portés par les chauves-souris vont réémerger et causer une prochaine flambée épidémique. À cet égard, la Chine est une probable zone à risques. Le défi consiste à savoir où et quand, de façon que nous puissions faire de notre mieux pour prévenir de tels foyers de maladie ».

La multiplication des suspicions quant à un défaut de préparation et à une insuffisance des réponses face à l’épidémie conduit même certains à viser jusqu’au gouvernement central (mais en épargnant toujours le Parti communiste, PCC).

Ainsi, un opposant au régime, Xu Zhangrun estime que « le chaos dans le Hubei n’est que le sommet de l’iceberg. Toutes les provinces sont comme cela ». Dans ce texte en anglais, il dénonce également les élites corrompues, le totalitarisme, la surveillance des données privées.

Face à ce déferlement, la censure est comme souvent la contre-attaque du pouvoir : le président Xi Jinping a appelé le PCC à « renforcer le contrôle sur les médias et Internet ».

Nouvelle définition des cas possibles

De l’autre côté de la planète, la journée d’hier a été l’occasion de faire un point sur les six patients hospitalisés en France. Tous les patients sont dans un « un état stable » a détaillé le ministre de la Santé. Si un patient demeure cependant toujours en réanimation, « tous les autres sont dans des services de médecine réguliers et ils sont gardés en isolement tant qu'il y a encore du virus détectable, mais ils vont pour l'instant bien », a énuméré, hier, sur BFM TV, Agnès Buzyn.

Le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a précisé plus tard dans la journée que le pronostic vital d’un touriste chinois âgé de 80 ans, placé en « réanimation lourde », était « toujours engagé ».

Jérôme Salomon a également indiqué que le patient belge détecté positif à Bruxelles, après avoir été évacué de la ville chinoise de Wuhan par un vol organisé par les autorités françaises, n'avait a priori transmis le virus à personne: « toutes les personnes contact ont été testées et elles sont négatives (...) même les personnes qui étaient assises à côté de lui » dans l'avion.

Enfin, une révision de la définition des cas possible a été rendue publique et transmise aux professionnels de santé.

La zone d'exposition jugée à risque concerne désormais « l'ensemble de la Chine », au lieu de la seule province de Hubei. En outre, les signes cliniques ont été précisés : est désormais considérée comme « cas possible » d'infection « toute personne présentant des signes cliniques d'infection respiratoire aiguë basse, quelle que soit sa gravité, avec une fièvre ou une sensation de fièvre, [quand auparavant une fièvre de 38°C était retenue comme critère, ndrl] et ayant voyagé ou séjourné en Chine dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques » ou ayant eu des « contacts étroits » avec une personne de retour de Chine peut-on lire dans la réactualisation la plus récente de la DGS.

X.B.

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Vos réactions (4)

  • Fait tousser le régime chinois ? Absurde

    Le 09 février 2020

    Tout comme la Grippe H1N1 à fait tousser le régime Sarkoziste et sa ministre de l'époque et la commande des 50 millions de doses de vaccins, résiliés par la suite.

    Dites nous êtes vous un journal médicale ou politique ?

    Dr Amine Mesbah

  • Prenons une calculette

    Le 10 février 2020

    Lisons ce texte : « Le bilan s’élève pour la seule République populaire à 28 085 cas (259 hors de Chine), dont un premier cas avéré de transmission in-utero et 565 décès (2 hors de Chine) ».
    Pas besoin d’être un sépcialiste, en prenant une calculette on trouve :
    565 décès/28085 = 2,01% de taux de décès en deux mois d’épidémie.
    L’examen de la presse montre que dans le même temps la grippe « saisonnière » a fait environ 7000 morts. Mais comme disent les braves gens « oui mais il y a des médicaments ». Ah pourquoi sont-ils morts alors ?
    Mais c’est vrai, la grippe c’est moins vendeur et on ne peut pas accuser les chinois… Alors on compare au SRAS et on évite de parler de la grippe, du tabac ou de la pollution.

    Reprenons notre lecture :
    « De l’autre côté de la planète, la journée d’hier a été l’occasion de faire un point sur les six patients hospitalisés en France. Tous les patients sont dans un « un état stable » a détaillé le ministre de la Santé (tiens on ne dit pas LA ministre quand c’est une femme ?). Si un patient demeure cependant toujours en réanimation, « tous les autres sont dans des services de médecine réguliers et ils sont gardés en isolement tant qu'il y a encore du virus détectable, mais ils vont pour l'instant bien », a énuméré, hier, sur BFM TV, Agnès Buzyn ».

    Même si la comm' est une des caractéristiques de notre gouvernement, il faut bien avouer que pour les journalistes ce n’est pas vendeur. On n’écoutera donc pas Madame Buzyn même si c’est vrai.

    Alors comment s’explique l’écart entre les décès en Chine et en France ? Pas seulement par le nombre de cas.
    On n’est pas soigné de la même façon en France et en Chine.

    On n’aligne pas les malades à moins d’un mètre les uns des autres comme on a pu le voir sur des vidéos voulant montrer que l’état chinois s’occupait des malades (!).

    On n’arrête pas les médecins qui signalent ou qui alertent.
    On mange peu de chauve-souris ou de cobras en France.

    Les habitudes dictatoriales ne se perdent pas en une décennie. Mais il est vrai que l’échelle des problèmes qui se posent en Chine est sans proportion avec ceux qui se posent en Europe. Et malheureusement le mensonge d’état est loin d’être un monopole asiatique.

    Dr Jean-François Michel

  • Reprenons notre calculette (au Dr Jean-François Michel)

    Le 10 février 2020

    Si nous admettons avec l'Institut Pasteur qu'il y a entre 2 et 8 millions de cas de grippe en France en moyenne chaque année et entre 10 et 15 000 morts cela nous donne une mortalité liée à la grippe entre 0,125 % et 0,75 %, ce qui est très inférieur au taux apparent de décès de 2 % avec le coronavirus en Chine actuellement (pourcentage qui est peut-être minoré en raison du grand nombre de patients encore en réanimation et majoré car tous les sujets infectés ne sont probablement pas pris en compte). Cette gravité de l'infection à 2019-nCoV est corroborée par le taux d'admission en service de réanimation qui serait de 26 % selon un article chinois paru en ligne dans le JAMA le 7 février que nous analyserons demain.
    Même s'il ne s'agit pas de la peste noire ou de la grippe espagnole l'inquiétude de la Chine et du monde nous parait donc justifiée.

    La rédaction

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