Le glyphosate est-il toxique pour les médias ?

Paris, le samedi 19 janvier 2019 – L’annonce a commencé à bruisser dès le début de la semaine. Envoyé Spécial serait jeudi 17 janvier intégralement consacré au glyphosate. Le magazine a choisi de renoncer à sa formule habituelle qui suppose plusieurs reportages en résonnance avec l’actualité récente pour se consacrer à un seul dossier. Les multiples teasings et les frémissements de la toile auraient suffi à assurer le succès de l’émission, qui a en outre bénéficié de l’aiguillon de la décision du tribunal administratif de Lyon d’annuler l’autorisation de mise sur le marché du Roundup Pro 360 et de celui de la publication d’un rapport commandité par des députés européens mettant en évidence le rôle joué par les lobbyistes de Monsanto dans l’élaboration du rapport d’expertise utilisé par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour évaluer le glyphosate.

Déjà-vu

Ce riche contexte et d’une manière générale les passions que déchaîne systématiquement tout sujet sur le glyphosate ont contribué à une avalanche de commentaires et de discussions avant même la diffusion du reportage. Ces derniers se sont notamment concentrés sur la difficulté de disposer d’une information maîtrisée sur le sujet. Le blog Projet Utopia s’est ainsi attelé à un petit test en prédisant certains des éléments du reportage d’Envoyé Spécial, prétexte pour rappeler les précédents "dévoiements" des médias sur l’herbicide.

Encore plus loin que ce qu’on imaginait

Les habiles teasings de l’émission mettaient en scène la participation de plusieurs personnalités (dont Lilian Thuram ou Julie Gayet) à un test ayant consisté à mesurer le taux de glyphosate (ou plutôt d’un produit de dégradation du glyphosate – mais la précision n’était pas limpide) dans les urines. Une telle expérience a déjà été réalisée auprès notamment de députés européens par l’association Générations Futures. D’un point de vue marketing, la présentation de tels résultats rate rarement son effet ! Voir des personnes d’horizons très divers "contaminées" par un produit réputé si toxique ne peut que frapper l'esprit du téléspectateur, immédiatement conduit à s’interroger sur la menace qui pèse sur lui. Mais au-delà de l’impact inévitable, Projet Utopia rappelle : « L’urine étant un concentré de déchets, la quantité de substances dont le corps se débarrasse y est nettement plus concentrée que lors de l’absorption. La quantité de pesticide au litre d’urine n’est donc absolument pas comparable à la quantité de pesticide dans l’eau potable. C’est donc une valeur qui ne nous renseigne aucunement d’un point de vue toxicologique tant qu’on ne prend pas la peine de regarder à quoi ça correspond “à l’entrée”. La valeur de 0,1µg/L de la CMA (Concentrations maximales admissibles dans l’eau du robinet, ndrl) est une valeur générique. Elle est la même pour tous les pesticides. Ce qui n’a pas de sens d’un point de vue toxicologique (car chaque pesticide a son propre degré de toxicité). La CMA est une valeur administrative, qui permet d’enclencher des directives de vérifications et d’assainissement si besoin (…). Cela ne sous-entend pas de risque sanitaire, et n’implique pas d’interdiction de l’eau. La valeur sanitaire, elle, est donnée par la Vmax (limite au-delà de laquelle la consommation de l’eau est interdite), et celle du glyphosate est 9000 fois supérieure à la CMA (900µg/L). Dans l’étude menée par Générations Futures la valeur la plus forte de glyphosate dans les urines était de 2,89 ng/ml (soit 2,89 µg/l). C’est 311 fois inférieur à la Vmax. Un dépassement de la Vmax dans les urines n’indique pas non plus un risque, puisqu’il faut connaître la quantité de glyphosate avalée au litre (voir premier point). Le blogueur Bunker D. a calculé que le pire des cas présenté par Générations Futures (2,89 µg/l) représentait 0,2% de la DJA (Dose Journalière Admissible), qui elle a une vraie valeur toxicologique. Le fait qu’on en retrouve dans l’urine indique que le glyphosate est évacué, tant mieux (d’ailleurs, on considère qu’il est totalement évacué et ne s’accumule pas) ».

Dans la réalité, l’émission est allée plus loin encore que le Projet Utopia l’envisageait, puisque Elise Lucet n’a pas hésité à affirmer qu’il n’existait pas de seuil en deçà duquel on peut être assuré de l’innocuité du glyphosate, ce qui relève d’une manipulation certaine. Au-delà, la voir distiller des résultats d’analyse avec un air alarmant, sans aucune explication et mise en perspective et sans apparemment être parvenue à trouver un médecin acceptant de jouer le jeu du décryptage suscitait un certain malaise.

Ghostwritting

Si en dépit de ses très importantes limites, le glyphotest parviendra très probablement à convaincre beaucoup de téléspectateurs, il n’est pas l’unique argument d’Envoyé Spécial. L’émission est également revenue sur les manipulations de Monsanto. Différentes enquêtes journalistiques se basant sur les Monsanto Papers (des documents internes à la firme) ont mis en évidence le recours à la technique du ghostwriting par la firme : soit le fait de faire signer par des scientifiques ou des influenceurs des articles quasiment entièrement rédigés par une entreprise. Dans le cas de Monsanto, la tribune très favorable au Roundup publiée sur le site de Forbes par Henri Miller, scientifique renommé, et dont il a été révélé qu’elle avait été rédigée par l’industriel, est souvent rappelée et l’a été dans Envoyé Spécial. Projet Utopia reconnaît : « Cette technique de ghostwriting est éthiquement très discutable, et contraire aux conditions que Forbes impose à ses intervenants (les articles ont d’ailleurs tous été dépubliés par Forbes). Quand bien même Henri Miller serait entièrement raccord avec ce que Monsanto a écrit, il s’agit purement et simplement d’une publicité déguisée. Qu’elle soit vraie ou fausse, ça reste relativement malhonnête, et on peut très bien considéré que cela participe à la "fabrique du doute", tel qu’a pu le faire l’industrie du tabac dans les années 60-70 ».

Plagiat

Le doute est d’autant plus conforté quand est rappelée qu’une grande partie des études et rapports utilisés par l’EFSA pour procéder à la réévaluation du glyphosate provenaient de Monsanto. Sur ce sujet Elie Cordier, sur son blog hébergé par Mediapart s’emporte : « c’est un immense scandale qu’a révélé un rapport de Stefan Weber et Helmut Burtscher, commandité par des députés européens et rendu public aujourd’hui. En effet, on y apprend comment ce fameux rapport d’expertise au sujet du glyphosate n’est en réalité qu’un immense plagiat d’un dossier préparé par les lobbyistes de Monsanto à destination des dirigeants européens. Les deux scientifiques, soutenus par l’ONG Global 2000, évoquent un plagiat pour plus de la moitié du rapport. Ainsi, c’est la Glyphosate Task Force (GTF), à laquelle appartient Monsanto, comme nous l’apprend Le Monde, qui fait désormais la pluie et le beau temps en Europe. (…) De plus, comme il s’agit de plagiat, cela permet d’occulter du rapport le fait que de nombreuses informations et analyses viennent de Monsanto ». Cependant, Projet Utopia rappelle d’une part que : « Ce que le grand public sait peu, c’est que c’est bien ça [le travail de l’EFSA] : évaluer les études des autres. L’EFSA ne produit pas directement d’étude, elle évalue les études. Il est donc guère surprenant de retrouver des copiés-collés lorsqu’ils n’ont rien à redire à ce qui est écrit (c’est un gain de temps considérable et un travail qu’il est inutile de refaire). En revanche, il aurait été surprenant de ne retrouver aucune révisions des données, ce qui n’est pas le cas ». Le blog précise en effet : « l’EFSA a réalisé des relectures, des ajustements et corrections, a demandé des données supplémentaires quand cela semblait nécessaire, et a même ajouté des études non proposées par la Glyphosate Task Force ». Insistant encore sur le fait que les copiés-collés dans ce cadre sont ouvertement réalisés par souci d’économie et de temps, le blog reconnaît néanmoins : «  Mais, oui, redisons-le, il est véritablement regrettable que tous les copiés-collés n’aient pas été présentés comme tels dans l’étude. C’est absolument indéniable » et résume ailleurs : « Il faut bien avoir conscience que cela ne prouve en rien que les rapports fournis par la Glyphosate Task Force soit faux, ni que l’EFSA ait mal travaillé. Tout au plus, nous ajustons notre curseur de vraisemblance, en donnant moins de crédit à l’évaluation européenne, mais rien ne permet de l’invalider ».

Géométrie variable

Si de nombreux éléments confirment (sans que cela représente une surprise compte tenu des enjeux financiers en présence) les importantes opérations de lobbying de Monsanto, elles ne peuvent être les uniques arguments pour prouver la toxicité du glyphosate. Et ce d’autant plus quand sont bien plus facilement passés sous silence d’autres « conflits d’intérêt », comme ceux de Christophe Portier. « Christopher Portier a été expert invité lors de l’évaluation du CIRC, tout en étant militant écolo dans une ONG, l’Environmental Defense Fund (mais cela était connu, et cela entre en ligne de compte dans le statut d’expert invité). Mais il a également été payé 160 000 dollars en tant que consultant par un cabinet d’avocat dans la semaine de parution du rapport du CIRC. Ce cabinet d’avocat prévoyait d’intenter de nombreux procès à Monsanto si le glyphosate était classé cancérigène. Ce contrat contenait une clause de confidentialité selon laquelle Portier devait s’abstenir de déclarer la nature de son travail pour les avocats. Mais lors de sa déposition, il a expliqué qu’il consistait à relire des documents et orienter les avocats sur les questions scientifiques. Il leur a par exemple facturé 19 heures de travail pour lire une note de deux pages. A 450 dollars de l’heure ! Il est a noter que son statut d’expert invité l’autorise à avoir des conflits d’intérêts, puisque ne participant pas directement à l’évaluation. Mais son activisme n’a que peu d’équivalent dans le milieu scientifique, et ses conflits d’intérêts patents restent systématiquement tus par les médias… » rappelle le blog Projet Utopia.

Séralini, une caution scientifique discutable

D’autres éléments du reportage ont fait tiquer de nombreux observateurs. Si l’on s’amusera que la petite musique choisie pour présenter le travail d’un agriculteur « bio » inspirait la sérénité quand celle qui accompagnait l’évocation de l’agriculteur pro Glyphosate était clairement alarmante, on jugera plus sévèrement le crédit accordé à Gilles-Eric Séralini dont la manipulation dans la présentation de ses résultats a été clairement établie à plusieurs reprises. Dans la présentation d’Envoyé Spécial, tout se passait comme si l’ensemble des sociétés savantes françaises et internationales n’avaient pas critiqué la méthode et les résultats d’Eric Séralini et comme si des études ultérieures n’avaient pas totalement invalidé ses conclusions. Seul était mis en avant un lien entre le directeur de la revue ayant rétracté l'article et Monsanto. De même, la présentation du cas du jardinier américain, Dewayne Johnson, qui a obtenu (en première instance) le paiement par Monsanto d’une indemnisation record suscite quelques réserves. « Le procès a été soumis au jugement d’un jury populaire. Avec la réputation du glyphosate et de Monsanto, de base le procès partait mal pour la firme. Notons également qu’un procès n’est pas une preuve scientifique. Dans sa décision provisoire, la Juge, Mme Bolanos, a déclaré : "Le plaignant allègue que Monsanto a refusé de mener les études recommandées par le Dr Parry dans les années 1990. Les dossiers montrent que Monsanto a en définitive mené tous les tests sauf un et en a diffusé publiquement les résultats. Le plaignant a aussi suggéré que Monsanto a tenté de « polluer » la littérature scientifique avec du « ghostwriting » des articles appuyant les produits à base de glyphosate. Le plaignant cite essentiellement Williams (2000) et Kier & Kirkland (2013). Mais les employés de Monsanto sont mentionnés comme contributeurs de ces articles et il n’y a aucune preuve que ces articles contiennent des déclarations matériellement fausses sur le plan scientifique. "Le procès s’est donc joué sur d’autres aspects que sur la seule dangerosité du glyphosate » relève le blog Projet Utopia.

Aucun élément contradictoire

Enfin, puisqu’on ne dira rien de la carte émotionnelle jouée par le petit garçon malade, le reportage sur le Sri Lanka constituait une conclusion à l’image de cette émission clairement orientée. On rappellera que l’insuffisance chronique rénale d’étiologie inconnue (CDKu) est une pathologie décrite chez certains hommes des secteurs agricoles de pays en voie de développement (Amérique centrale, Sri Lanka et Inde notamment). Plusieurs hypothèses sont explorées pour expliquer ces cas, tels la déshydratation, le stress et aussi l’exposition aux métaux lourds et aux pesticides. Mais si la responsabilité de l’exposition à ces produits est suspectée (sans être confirmée), les études signalent clairement qu’aucun pesticide en particulier (et donc pas le glyphosate) ne paraît être devoir prioritairement incriminé. Cette notion n’aura évidemment pas été évoquée dans l’émission d’Elise Lucet, pas plus que le consensus rassurant de la très grande majorité des autorités internationales sur le glyphosate ou le fait que la classification du CIRC concerne un danger et non un risque. Aucun autre élément contradictoire n’a en effet été avancé (même pour être contredit) tels les résultats rassurants de l’Agriculture Health Study aux Etats-Unis ne signalant pas d’augmentation significative des cancers chez les agriculteurs américains exposés au glyphosate ou encore les résultats globaux des études françaises constatant une plutôt meilleure santé des agriculteurs, y compris vis-à-vis de la plupart des cancers.
Bien sûr, il est fort probable que ce décryptage a priori et a posteriori conforte certains de nos lecteurs dans l’idée que si le glyphosate est toxique pour les médias, cet article du JIM en est la démonstration !
Pour élargir la réflexion, outre les fils tweeter des journalistes Gérladine Woessner et Emmanuelle Ducros qui apportent souvent un éclairage intéressant sur le sujet, on pourra relire :

Le blog Projet Utopia : http://projetutopia.info/test-nous-predisons-les-biais-denvoye-special-sur-le-glyphosate-janvier-2019/
Le blod d’Elie Cordier : https://blogs.mediapart.fr/elie-cordier/blog/150119/glyphosate-corruption-et-mise-en-danger-de-la-population
Une méta analyse sur le CdKu :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28535811/

Aurélie Haroche

Copyright © http://www.jim.fr

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Vos réactions (22)

  • Que l'arbitre fasse son travail

    Le 19 janvier 2019

    L'objectivité médiatique est, certes un exercice difficile, surtout lorsqu'une controverse furieuse agite l'opinion, sur fond de corruption, de lobbyisme, de rapports truqués, d'intérêts colossaux en jeu, bref plus qu'il n'en faut pour nourrir des "thrillers", à l'heure où, précisément, cette opinion publique est devenue très "inflammable", voire explosive.

    L'objectivité scientifique, on se plairait à le croire, devrait théoriquement contrebalancer et apporter dans le débat, une crédibilité et une sérénité sans faille qui, manifestement, font cruellement défaut.
    Le problème du "citoyen consommateur", alerté à juste titre, est de se protéger, ainsi que sa famille, en tant que victimes potentielles et peut-être déjà atteints d'empoisonnements sournois et de dérèglements métaboliques pouvant être causés, à plus ou moins longs terme, par des substances, en l’occurrence agro-alimentaires ou plus exactement phytosanitaires.

    Vite débordé par la masse d'informations contradictoires qui circulent, et je ne parle même pas des thèses "complotistes" qui inondent le "Net", il a besoin de pouvoir se référer à une autorité fiable, indépendante des "intérêts" en jeu, une autorité dont le rôle prioritaire est la sécurité et la santé du citoyen, une autorité invariablement crédible qui ne lui demande pas "la foi du charbonnier" (cf. Brassens) mais qui s'appuie sur la puissance de son "appareil scientifique et universitaire" pour classifier les risques et, à partir d'un certain grade de doute, décréter l'application du "principe de précaution".
    Cette confiance est très sérieusement endommagée et on peut le comprendre quand on voit la dissymétrie des moyens mis en place pour, d'un côté défendre une gamme de produits controversés pesant des Milliards d'Euros (ou de dollars, peu importe), de l'autre défendre la sécurité sanitaire et alimentaire du consommateur mais aussi, et dans l'intérêt de l'humanité, la survie et la préservation d'espèces indispensables comme les abeilles (simple exemple).

    D'un côté on peut financer à tour de bras des études que la firme va mettre en avant pour défendre ses intérêts financiers, études dont on a pu percer les biais et même les trucages jusqu'au "goshwriting", de l'autre une indigence flagrante et des études "décrédibilisées" (c'est un comble) par les maigres moyens dont elles disposent mais dont les scientifiques ne semblent pas moins crédibles que les signatures des "vedettes" qui ont déshonoré leur profession en se prêtant à des manipulations.

    On ne peut se contenter de renvoyer dos à dos des gens qui ont fait la démonstration de leur mauvaise foi et de leurs "manigances" et d'autres qui tentent, avec leurs maigres moyens, de protéger et d'alerter, à la fois l'opinion et les Pouvoirs Publics.
    Cette situation injuste ne peut perdurer. Un arbitre ne peut accepter, sur une piste d'athlétisme, que les uns courent avec des "pointes" de quelques dizaines de grammes et les autres des chaussures de scaphandrier "pieds lourds". Que l'arbitre fasse son travail et nous échangerons bientôt autre chose que des anathèmes.

    H.Tilly

  • L'antécédent de la chlordécone

    Le 19 janvier 2019

    Il a fallu un siècle pour que l'on prenne vraiment conscience de la dangerosité du tabac pour la santé publique. Il n'est donc pas étonnant que d'autres produits, massivement utilisés et biologiquement actifs (cas entre autres du glyphosate) nécessitent des délais considérables pour qu'une opinion claire se dégage, aussi bien chez les scientifiques que dans la Presse. L'information est polluée par toutes sortes d'interventions, parfois compréhensibles mais souvent manipulées. La confusion profite aux "pollueurs" puisque nos sociétés sont incapables de prendre rapidement une décision. Le glyphosate représentant des milliards de dollars, Monsanto peut encore gagner du temps en entretenant savamment la confusion. "Si notre produit présente un danger, prouvez-le!" On peut citer l'antécédent de la chlordécone, interdite aux USA dès les années 70 et encore utilisée dans la culture de la banane au début des années 2000. Son influence sur le cancer de la prostate aux Antilles est bien documentée. 30 ans ont été nécessaires pour faire disparaitre l'utilisation de cette molécule en agriculture... mais le mal est fait.

    Dr Arnaud Cenac

  • Une question

    Le 19 janvier 2019

    À chaque fois que vous parlez de Monsanto, vous défendez cette société et critiquez ceux qui s'en méfient.
    Pourquoi ?


    Dr Marie Serre

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