Un patient se suicide aux soins palliatifs de l’hôpital de Pithiviers

Pithiviers, le vendredi 7 février 2020 – Un patient souffrant d’un cancer au stade terminal s’est suicidé au centre hospitalier de Pithiviers dans le Loiret. Selon les syndicats, le drame aurait pu être évité.

C’est ce qu’on appelle, dans le langage si froid de l’administration, un « évènement indésirable grave (EIG) associé aux soins ». Et dans la langue des hommes, une tragédie : un patient de 68 ans atteint d’un cancer au stade terminal et hospitalisé dans le service de soins palliatifs de l’hôpital de Pithiviers, près d’Orléans, s’y est donné la mort en se jetant du troisième étage dans une cage d’escalier. Le drame a eu lieu dans la nuit du 26 au 27 janvier dernier.

Ni psychologue, ni comité de lutte contre la douleur

Dans un communiqué publié ce mercredi, la CGT dénonce la responsabilité de la direction dans la survenue du drame. « La direction est responsable d’un suicide d’une personne qui n’a pas été accompagnée, suivie, traitée dans le respect des valeurs de l’OMS ». Pour le syndicat, le drame aurait pu être évité. Il rappelle que le patient avait déjà tenté de mettre fin à ses jours quelques jours avant son suicide, mais qu’aucun soin psychiatrique n’avait pu lui être apporté, « faute de moyens et de personnel ».

Sylvie Bertuit, aide-soignante et secrétaire départemental de la CGT Santé, dénonce l’absence de psychologue et de comité de lutte contre la douleur au sein de l’unité de soins palliatifs de Pithiviers. « C’est pourtant une obligation légale et cela permettrait de mieux prendre en charge la douleur des patients » rappelle-t-elle.

Mise en place d’un protocole de prévention des risques suicidaires

Face à cette charge, la direction du centre hospitalier régional (CHR) d’Orléans, dont dépend l’hôpital de Pithiviers, s’est contenté d’un communiqué laconique dans lequel elle déplore le drame et annonce l’ouverture d’une enquête par l’Agence Régionale de Santé (ARS).

Une réunion entre la direction et le personnel soignant a tout de même eu lieu ce mercredi, à l’issue de laquelle il a été annoncé la mise en place d’un protocole de prévention des risques suicidaires.

Mais pour les syndicats, ce plan ne peut pas répondre au problème général du manque d’effectif. Actuellement, l’unité de soins palliatifs de Pithiviers ne compte la nuit qu’une infirmière pour 20 patients. « Dans ces conditions, comment la direction peut annoncer l’ouverture de deux lits supplémentaires en soins palliatifs ? » s’insurge Sylvie Bertuit.

Le JIM présentera les résultats de l’enquête de l’ARS lorsqu’ils seront publiés.  

QH

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Vos réactions (6)

  • Ne pas se vautrer dans l'indignité

    Le 07 février 2020

    Il serait bon de rappeler à certains que s'indigner n'est pas se vautrer dans l'indignité. Quand les patients à bout de souffrance et d'espoir et de psychiatrie continueront à se suicider la CGT exigera la mise en place de soutien psychologique avec semaines de récupération pour les soignants choqués ou la mise à disposition de chambres d'autolyse ou que sais-je encore...

    Dr Pierre Castaing

  • La bêtise est un gouffre sans fond

    Le 07 février 2020

    Un protocole de prévention des risques suicidaires chez un patient en phase terminale ...
    On croit rêver !
    Je ne sais même pas si les gens qui pondent de telles âneries en ont conscience.
    Einstein avait raison, la bêtise est bien infinie et chaque jour en apporte une preuve supplémentaire.

    Dr Patrick Ramadier

  • Prévention du suicide ? Alors que la vrai mansuètude aurait été de l'accompagner dans son désir de mourir

    Le 07 février 2020

    https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/des-centaines-de-medecins-signent-une-petition-de-soutien-a-leur-confrere-interdit-d-exercer-pres-de-1578333200

    Dr Philippe Carrière

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