Un Président ne devrait pas dire ça ?

Paris, le samedi 8 janvier 2021 – Lorsque mardi soir les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux commencent à s’emparer des petites phrases prononcées par Emmanuel Macron lors d’une interview accordée à des lecteurs du Parisien, certains tentent de prendre un peu de recul. Ils spéculent que l’indignation qui s’exprime de façon très majoritaire sur les plateaux de télévision et dans les écuries politiques (à l’exception de La République en Marche, cependant embarrassée) ne reflète pas exactement ce que pourrait penser la majorité des Français. Les sondages des jours suivants ne leur donneront ni tout à fait raison ni tout à fait tort : une enquête Elabe "Opinion 2022" pour BFM TV/ L'Express en partenariat avec SFR a ainsi mis en évidence que les déclarations sans nuance du chef de l’Etat à propos des non vaccinés, qu’il a affirmé souhaiter vouloir « emmerder », ont choqué une majorité des Français (53 %).

Dire tout haut…

Cependant, au pays de Cambronne, que le Président de la République ose un langage peu châtié est probablement autant déploré que le fond des propos. Cette dichotomie s’observe parfaitement dans les réactions de nombreux médecins. Ainsi, si le Pr Eric Caumes a admis avoir été un « peu surpris » « en tant que citoyen », il a néanmoins assuré « comprendre » le chef de l’Etat, notant que sa sortie reflétait bien « l’exaspération » des soignants face aux non vaccinés. De la même façon, le Pr Rémi Salomon a lui aussi été un peu décontenancé par le ton employé, tout en remarquant : « Mais (...) ces gens nous mettent, par leur refus de la vaccination, dans une difficulté extrême. Les soignants sont empêchés de prendre correctement en charge les autres patients. Il y a une incompréhension. Si tout le monde était vacciné, il n'y aurait pas de crise sanitaire, on aurait très peu de formes graves. » D’autres, ne s’embarrassent même pas de précautions stylistiques. Sur Twitter, le Pr Yonathan Freund (infectiologue, la Pitié-Salpêtrière) a lancé : « Moi aussi, j’ai envie de les emmerder jusqu’au bout. Mais comme médecin, je soigne tout le monde pareil. Mais quand même… ». Le biologiste qui écrit sous le pseudonyme de BioHospitalix a également renchéri : « Juste, moi aussi j’emmerde les non vaccinés autant que les non vaccinés m’emmerdent ». La confirmation que par ses déclarations Emmanuel Macron a exprimé un ressenti de nombreux professionnels de santé s’observait dès le contexte de l’interview. Le rédacteur en chef du service politique du Parisien, David Doukan raconte ainsi sur RTL : « Dans notre panel, il y avait deux professionnels de santé, une infirmière et une cadre qui travaille dans des EHAPD. C’est à ce moment qu’il y a eu cet échange. Ces soignantes sont arrivées à l’Elysée exsangues, épuisées par deux ans de crise. Cette fatigue, elles l’ont exprimée devant le président de la République et elles lui ont fait part de leur impatience vis-à-vis de ceux qui refusent de se faire vacciner. C’est à ce moment là qu’Emmanuel Macron a eu cette phrase tant commentée ».

La forme contre la forme

Au-delà de la communauté médicale, des analyses politiques ont considéré comme légitimes les propos du Président de la République. Dans le Figaro, l’éditorialiste Brice Couturier répond d’abord sur la forme : « Un président de la République ne devrait pas dire ça, “emmerder”», réagissent de nombreux commentateurs. Tiens donc. « Mais arrêtez donc d’emmerder les Français! Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays! On en crève.» C’est ce qu’a lancé Georges Pompidou il y a quelque cinquante-cinq ans, à un jeune chargé de mission qui s’appelait Jacques Chirac. Cela n’a guère fait scandale à l’époque. Serions-nous devenus plus pointilleux? ». Mais surtout sur le fond, Brice Couturier dresse le portrait très peu flatteur des personnes visées par le Président de la République en énumérant : « Si l’on veut bien lire le texte de l’entretien, ceux qu’Emmanuel Macron entend, en effet, «emmerder» en les privant «de restau», de «canon», ou de «café au bistrot», c’est cette minorité (10 % de nos concitoyens) qui refuse la vaccination contre le Covid et qui, de ce fait, encombre nos hôpitaux, sature les services d’urgence, épuise nos soignants. (…) Trois cents meurent chaque jour, à l’hôpital, de cette maladie. Une personne non vaccinée a dix-sept fois plus de chances de se retrouver en réanimation qu’une personne vaccinée. Ceux qui refusent le vaccin témoignent donc à la fois d’un manque d’intelligence et d’un faible sens civique. Et c’est très précisément ce qu’a dit Emmanuel Macron aux lecteurs du Parisien. «L’immense faute morale des antivax, c’est qu’ils viennent saper ce qu’est la solidité d’une nation. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen.» Et aussitôt les réseaux sociaux de s’enflammer: Macron veut «exclure de la citoyenneté» les non-vaccinés. Et, qui sait?, les priver de leur droit de vote… Des imbéciles arborent une étoile jaune portant la mention «non-vacciné». Un professeur de philosophie, René Chiche, tweete que «les députés qui voteront le passe vaccinal sont à mes yeux les dignes héritiers de ceux qui votèrent le statut des Juifs» à Vichy (sic). C’est en effet (nouveau tweet du même auteur), «la loi la plus discriminatoire depuis le statut des Juifs» (sic). Pour ce personnage, une mesure destinée à sauver des vies serait donc comparable aux lois scélérates qui privèrent de leurs droits les Juifs français et organisèrent l’internement des Juifs d’origine étrangère, facilitant ainsi leur envoi dans les camps d’extermination nazis! Il est vrai qu’un André Bercoff a surenchéri en évoquant carrément «la mise en place à bas bruit d’une solution finale des non-vaccinés ». Étoile jaune, statut des Juifs, extermination… On aura rarement assisté à une aussi ignoble banalisation de la Shoah » dénonce Brice Couturier. De fait, les comparaisons (malheureusement habituelles) avec le sort des juifs pendant la seconde Guerre mondiale sont toujours scandaleuses et décrédibilisent inévitablement les propos : Brice Couturier le démontre d’ailleurs. Cependant, on remarque qu’en se concentrant (lui aussi) sur la forme ou en utilisant des arguments faisant appel à l’émotion (les morts quotidiens), Brice Couturier fait l’économie d’une véritable réflexion sur les implications démocratiques de telles déclarations.

Un Président, c’est fait pour emmerder !

D’autres comme l’ancien préfet Gilles Clavreul, un des fondateurs du Printemps Républicain assume ce qui sous-tend un tel discours. D’abord, dans une interview accordée à l’Express il ne partage pas les regrets exprimés par certains quant à l’absence de distinction de la part du Président entre les anti vaxx (qui colportent des théories dangereuses sur les vaccins) et les non vaccinés qui peuvent avoir mille « raisons » pour expliquer leur choix. « Cette distinction n'a plus lieu d'être, dans la mesure où plus aucune raison objective ne peut être valablement opposée à la vaccination. Ceux qui refusent de se faire vacciner, malgré toute l'information mise à leur disposition, favorisent en toute connaissance la propagation du virus. Ils exposent leur famille, leurs amis, leurs collègues, et s'exposent eux-mêmes à encombrer des services d'urgence et de réanimation qui sont surchargés, entraînant des déprogrammations, obligeant les équipes à faire un tri entre les urgences vitales... Bref, leur choix individuel, indéfendable rationnellement, entraîne une charge pour l'ensemble de la société ». Surtout, il considère qu’Emmanuel Macron n’a fait qu’assumer son rôle : « Mais l'exercice du pouvoir d'Etat, même dans une démocratie, ce n'est pas autre chose que cela : énoncer et faire respecter des règles sans lesquelles habiter le monde humain serait impossible. Qu'en est-il du consentement démocratique, me direz-vous ? Il n'est pas, car il ne peut pas être, une approbation unanime et sans réserve de toutes les règles auxquelles l'Etat nous soumet : ce serait parfaitement impossible. Mais il est une adhésion éclairée à l'idée que, bon gré, mal gré, obéir à des lois communes que certes nous n'approuvons ou ne comprenons pas toutes, est de beaucoup préférable à ce que chacun se fasse sa loi particulière ». Il poursuit encore concernant le lien fait par Emmanuel Macron entre les droits et les devoirs : « Etre citoyen, c'est une dignité, une condition qui implique autant de devoirs que de droits. Les droits qui s'attachent à la qualité de citoyen ne sont ni illimités, ni inconditionnels. Quand on entend des gens se disant sérieux hurler à la dictature parce qu'on demande aux Français de se protéger et de protéger les autres, c'est à la fois ridicule et tragique. Ridicule, parce que cela fait des décennies que nous remplissons consciencieusement nos carnets de santé avec les vaccins obligatoires, sans que personne y trouve à redire. Et tragique, parce que chaque jour, des gens en meurent ».

Pente glissante

On le sait, de telles positions sont loin de faire l’unanimité. D’abord chez les professionnels de santé, beaucoup ont exprimé leur nette désapprobation. Certains n’ont pas même hésité à se lancer dans ce que l’on pourrait juger être un procès d’intention. Ainsi, le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), le Dr Christophe Prudhomme a énoncé sur Twitter : « Au rythme de sa dérive, E. Macron est capable de nous demander demain de ne plus soigner les non vaccinés. En tant que médecin, je désobéirai car même si je regrette le refus du vaccin, je continuerai à m’occuper sans distinction de tous ceux qui ont besoin de soins ». Bien sûr, la grandiloquence de la déclaration, qui rappelle l’incessante convocation par d’autres des morts recensés quotidiennement, pourrait être moquée. Cependant, Christophe Prudhomme est loin d’être le seul à établir un lien entre les propos clivants du chef de l’Etat et l’ampleur croissante des discussions autour de la question de la prise en charge des non vaccinés. Ainsi, interviewée dans le Figaro,  le Dr Alice Desbiolles, médecin en santé publique et épidémiologiste, commente : « En tant que médecin, j’applique le serment d’Hippocrate et le code de déontologie médicale. C'est désolant de constater que pour les 20 ans de la loi Kouchner de 2002, qui possède un célèbre article sur le consentement libre et éclairé des individus à recevoir un traitement ou un examen, on en vient à stigmatiser des personnes qui refusent une prophylaxie » débute-t-elle avant d’ajouter : « Dans les propos que l'on peut entendre de certains soignants, ou du président de la République, on sent bien qu'on reste dans une approche normative: on approuve ou l'on réprouve, on récompense ou l'on punit des comportements. On est loin de la démarche éthique qui invite à prendre en compte tous les enjeux (parfois contradictoires), sanitaires, d'organisation de soins, économiques, démocratiques. (…) On reste malheureusement dans une approche manichéenne et très simpliste, qui empêche de trouver le meilleur paradigme pour avancer ensemble, sans abîmer le contrat social. La médecine n'a pas vocation à diviser, mais à apaiser, soulager, faire société. (…) Or, pour moi, une partie du corps médical a quitté la déontologie et l'éthique pour sombrer dans la morale. À mes yeux, c'est une pente glissante ».

Conditionner les droits aux devoirs : une perception discutable de l’Etat ?

Il n’est pas qu’en médecine que cette pente glissante est déplorée. Certains la regrettent également en ce qui concerne la perception de la citoyenneté. « Emmanuel Macron s’emporte contre les non-vaccinés qu’il promet «d’emmerder» en les excluant de la vie sociale, il accuse les antivax de «faute morale» : «Ils viennent saper ce qu’est la solidité d’une nation. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen.» Or, jusqu’à présent, la vaccination n’est pas obligatoire, ce qui signifie que les non-vaccinés exercent une liberté reconnue par la loi. Rappelons que l’article 5 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame que «nul ne peut être contraint à faire ce que la loi n’ordonne pas». Nonobstant ce principe de base de l’Etat de droit, l’Etat (du moins son chef) estime que les citoyens ont le «devoir» de se faire vacciner et ce serait son accomplissement qui conditionnerait l’octroi de libertés. Les libertés, dans la pensée de Macron, ne sont donc plus inhérentes à l’homme, mais octroyées sous conditions par l’Etat. On trouve déjà une esquisse de cette pensée de plus en plus affirmée dans son discours du 4 septembre 2020 prononcé à l’occasion des 150 ans de la République, dans lequel il affirmait que c’est l’Etat qui «donne» des droits, ceux-ci étant conditionnés à la «solidarité» garantie elle aussi par l’Etat providence. Le Président de la République tire donc logiquement les conséquences de sa vision des droits de l’homme en affirmant que les mauvais Français, non-vaccinés dans ce cas, doivent être privés de leur citoyenneté (…) Nous sommes donc subrepticement entrés dans un autre régime, un régime où l’Etat accorde des droits variables en fonction de devoirs qu’il détermine seul, sans les inscrire dans la loi, un régime où la citoyenneté dépend du bon vouloir du prince, un régime d’arbitraire où l’exécutif concentre l’ensemble des pouvoirs, un régime qui n’est plus la démocratie » écrit Jean Quatremer.

Le monopole de la raison

C’est parce qu’il est convaincu du bien fondé de sa vision que le pouvoir ne semble pas percevoir les dangers d’une telle orientation. Gilles Clavreul le confirme clairement : « De quoi parle-t-on ? De 8,2 % des Français éligibles, soit un Français sur douze. Imaginons la société française réduite à douze personnes : pourquoi onze citoyens raisonnables devraient-ils subir indéfiniment les états d'âme du douzième homme ? ». « L“ADN” du pouvoir politique actuel repose sur le fait de dire que le gouvernement technocrate a de bonnes réponses pour l’ensemble de la population. On considère que les gens ne sont pas à même de faire leur propre choix et qu’il faut donc déployer toute les stratégies possibles (y compris les plus désagréables et littéralement les plus « emmerdantes ») pour les emmener là où on veut qu’ils aillent. Il s’agit, en somme, de faire le bien des gens contre eux-mêmes » décrypte le philosophe Gaspard Koenig dans une interview accordée à Philosophie Magazine. Pourtant, même si on ne peut nier le bénéfice des vaccins (et donc déplorer l’attitude de ceux qui les refusent), le pouvoir a-t-il toujours donné l’image de la raison qu’il prétend incarner ? « Et non, il ne suffit pas de s’arroger le monopole de la raison face à des abrutis irrationnels. Car un minimum de recul nous oblige à constater que le traitement de cette épidémie a, depuis le début, réveillé toutes les formes d’irrationalité et de dogmatisme. Les médias en offrent chaque jour le spectacle, avec pour principal moteur le conformisme, puisqu’il s’agit avant tout de donner des gages à ses pairs de son appartenance au cercle de la raison et du progrès (…) La question est essentielle : pourquoi ceux qui sont à juste titre horrifiés par le spectacle du sectarisme et de la haine de la part de ces antivax manifestant devant le Parlement et crachant à des journalistes leurs insultes et leur bêtise ne sont-ils pas ébranlés de voir des gens comme il faut se demander doctement sur les plateaux de télévision s’il ne serait pas légitime de faire payer leurs soins à ces non-vaccinés qui, après tout, n’ont qu’à « assumer » ? Mieux, il s’agirait pour les plus hardis de considérer, allons-y carrément, qu’on pourrait commencer à trier les malades au moment de les soigner, en fonction de ce seul critère. L’universalisme de la Sécurité sociale, adopté depuis trois quarts de siècle ? Aux orties ! Le serment d’Hippocrate, deux mille quatre cents ans ? Aux oubliettes ! Rien n’est simple dans cette crise. Il n’y a pas de réponse évidente, pas de certitude qui tienne. Nul ne peut prétendre qu’il aurait forcément mieux fait que ceux qui sont actuellement aux manettes. Mais le rôle du politique est justement de prendre en compte cette incertitude nouvelle et de permettre à la collectivité de traverser ces turbulences en ayant pour cap quelques principes fondamentaux. Les grands bouleversements de l’histoire sont de cet ordre. Ils fracturent, ils fragilisent, ils réveillent les haines. Et les grands hommes sont ceux qui, par-delà les tragédies, par-delà les souffrances individuelles, entraînent leurs concitoyens vers le chemin qui sauvegardera leur dignité, c’est-à-dire leur fidélité à une certaine idée de la liberté, de la responsabilité et du respect d’autrui » répond la directrice de la rédaction de Marianne, Natacha Polony.

Au-delà des querelles concernant la forme qui sont loin d’être superfétatoires, on mesure combien les « petites phrases » du chef de l’Etat n’ont fait que renforcer les divisions qui existent chez les Français et qui ne concernent pas uniquement la vaccination, mais au-delà une certaine conception de la citoyenneté, de la façon dont doit être employée la raison et aussi sans doute de la liberté.

On relira les fils Twitter, éditoriaux et interview de :

Yonathan Freund
Gilles Clavreul
Christophe Prudhomme
Alice Desbiolles
Jean Quatremer G. Koenig
Natacha Polony

Aurélie Haroche

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Vos réactions (17)

  • Respect ?

    Le 08 janvier 2022

    Possible que les médecins pensent davantage comme notre Président que les équipes soignantes. Disons que le moins qu'on demande à une infirmière est de gérer ses émotions, ne serait-ce que pour donner l'impression qu'elle gère la situation, et de respecter son entourage et tout particulièrement les patients en usant d'un langage correct et en s'interdisant la grossièreté. Qu'un président de la république se laisse aller de la sorte à ce niveau de responsabilité nous a laissées pantoises et sans aucune solidarité pour ses déclarations, car nous n'avons pas à juger les patients sur leur statut vaccinal, leurs addictions ou leurs faiblesses. Aucune sympathie pour le mépris récurrent de M. Macron, qui s'imagine peut-être que parler "peuple" le rendra plus compréhensible à la piétaille?

    Catherine Harris (IDE)

  • Irresponsable

    Le 08 janvier 2022

    Les prochains dans la ligne de mire sont les fumeurs, les consommateurs d'alcool ou de drogue, ceux qui ne respectent pas les limitations de vitesse, ont des rapports sexuels non protégés, pratiquent le base jump, voyagent dans des pays en guerre etc....
    Les perspectives ouvertes par Macron sont infinies .
    Il est au final le véritable irresponsable des ses propos.

    Dr Sam Marti

  • Une pente glissante

    Le 08 janvier 2022

    Si on peut comprendre la réaction épidermique du Président, de telles propos officiellement exprimés peuvent nous conduire sur une pente glissante. Comme l’a écrit Natacha Polony, l’état ne peut s’arroger le droit de dire qui est un bon ou un mauvais citoyen d’autant qu’en la matière, il est mal placé pour donner des leçons. En effet qui est content de récupérer les taxes sur le tabac et l’alcooL sachant que ces produits vont remplir nos hôpitaux de cancers du poumon et de cirrhoses. Faut il abandonner ces malades ? Si l’on poursuit qui peut nous dire qu’il ne faut pas « emmerder » toutes ces minorités qui cherchent à dicter leurs lois et qui, malheureusement, ont souvent l’oreille du pouvoir conduisant parfois à une dictature des minorités ?

    Bref avant de dire ça, le rôle d’un Président serait de réfléchir à la portée de tels propos surtout quand il se pique d’être un philosophe.

    Dr Jacques Boulliat

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