Vaccination HPV, pas de lien avec des troubles neuro-végétatifs

En 2014, en Colombie, un groupe de 15 adolescentes de la même école ont présenté des symptômes de « dysfonctionnement du système autonome (neuro-végétatif) » après une vaccination contre le papillomavirus (HPV). Des vidéos de ces jeunes filles ont été diffusées sur les réseaux sociaux et sont devenues rapidement…virales. La semaine suivante, plus de 600 personnes à travers le pays signalaient avoir présenté les mêmes symptômes.

Cette histoire est loin d’être unique et dans de nombreux pays du monde, la couverture vaccinale contre le HPV a chuté drastiquement après la diffusion de ces « informations » alarmantes. C’est le cas du Danemark, où une controverse est née en 2015 au sujet de possibles effets indésirables du vaccin. C’est la raison pour laquelle une équipe danoise fait à nouveau le point, en utilisant une large base de données incluant près de 1,4 million de danoises, âgées de 10 à 44 ans entre 2006 et 2016. Au Danemark, la vaccination contre le papillomavirus, avec le vaccin quadrivalent, a été généralisée en janvier 2009 pour les filles de 12 ans. La vaccination des femmes de 20-27 ans a commencé en août 2012.

Des manifestations à type de fatigue chronique, syndrome douloureux complexe, tachycardie posturale orthostatique

Dans cette cohorte, 869 syndromes de dysfonctionnement neuro-végétatif ont été signalés (136 syndromes de fatigue chronique, 535 cas de syndrome douloureux régional complexe et 198 syndromes de tachycardie posturale orthostatique). Il n’apparaît aucune association significative entre la vaccination et la survenue dans l’année suivante de l’un de ces syndromes (risque relatif RR 0,99 ; intervalle de confiance à 95 % IC 0,74 à 1,32). Les auteurs conviennent qu’une augmentation du risque jusqu’à 32 % ne peut être formellement exclue, mais ils estiment que la puissance statistique de leur étude suggère qu’une augmentation supérieure du risque est improbable.

Un défi sanitaire

Au moins 4 grandes études observationnelles ont déjà conclu à l’absence de lien entre la vaccination contre le HPV et ces syndromes. Une sur les 4 seulement concernait le vaccin quadrivalent, c’est dire tout l’intérêt de cette nouvelle étude danoise. Les auteurs rappellent que les symptômes de dysfonctionnement neuro-végétatifs ne sont pas rares chez les adolescentes et cette relation temporelle avec le vaccin anti-HPV n’est donc pas surprenante. Leur physiopathologie est encore inconnue.

La rapidité de diffusion de ces informations sur les réseaux et le traitement médiatique sensationnaliste qui en est parfois fait constituent un réel défi pour les autorités sanitaires. Rappelons que, selon l’OMS, près de 30 000 femmes décèdent de cancer du col de l’utérus chaque année en Europe.

Dr Roseline Péluchon

Références
Hviid A et coll. : Association between quadrivalent human papillomavirus vaccination and selected syndromes withautonomicdysfunction in Danishfemales: population based, self-controlled,case seriesanalysis. BMJ, 2020;370:m2930

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Vos réactions (12)

  • Le serment d'Hypo me gratte

    Le 09 septembre 2020

    "Au moins 4 grandes études observationnelles ont déjà conclu à l’absence de lien entre la vaccination contre le HPV et ces syndromes". Là je souhaiterai connaitre les auteurs et leurs éventuels liens d'intérêt avec les laboratoires....

    "Une sur les 4 seulement concernait le vaccin quadrivalent, c’est dire tout l’intérêt de cette nouvelle étude danoise. Les auteurs rappellent que les symptômes de dysfonctionnement neuro-végétatifs ne sont pas rares chez les adolescentes et cette relation temporelle avec le vaccin anti-HPV n’est donc pas surprenante. Leur physiopathologie est encore inconnue."

    Et la encore toute est fait pour minimiser l'impact et le lien avec la vaccination. Les adolescentes étaient sans doute des hystériques adeptes du "faire semblant". Médecins, réveillez vous : vous avez prêté serment pour protéger la vie et non la détruire...

    Zahia Chardin

  • Hippo ça gratte seulement les médecins...

    Le 09 septembre 2020

    Pour que "ça vous gratte", Zahia Chardin, il faudrait encore être médecin. Vous ne vous présentez pas, mais apparemment, d'après Dr Google, vous êtes assistante sociale dans un centre de psychiatrie.
    Vous apprendrez qu'à propos des études que vous critiquez étourdîment, les conflits d'intérêts sont mentionnés, et qu'il suffit de lire les études pour s'en faire une (bonne) idée. Elles sont accessibles à tous, mais pas forcément interprétables ni compréhensibles pour tous...

    Laissez donc cela à ceux dont c'est la profession.
    Et tenez aussi compte du fait que le site JIM.fr n'a aucun intérêt à tromper son public; les auteurs ont étudié leurs sujets, et présentent des synthèses qui sont la plupart du temps très éclairées et éclairantes pour le corps médical.

    Et enfin: gardez vos théories du complot pour vous, on perd déjà assez de temps en vaines lectures...

    Dr Xavier Van der Brempt, pneumologue, Belgique.

  • C'est pas si vieux...

    Le 09 septembre 2020

    Les médecins connaissaient par coeur les "signes sympathiques de la grossesse". Pas vraiment sympas, mais bien fichés en relation avec un "dysfonctionnement neuro-végétatif".
    Un certain Charcot organisait des séances publiques de crises d'hystérie à la Salpétrière.
    Les jeunes filles de bonne famille savaient fort bien s'évanouir à grand spectacle.

    Tout cela a disparu spontanément chez nous.

    Relire René Girard et comprendre sa théorie mimétique éviterait bien des interrogations naïves.

    Dr François-Marie Michaut

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