L’imiquimod topique est-il le meilleur choix pour les carcinomes baso-cellulaires superficiels ?

Un tiers des carcinomes baso-cellulaires (CBC) sont de type superficiel. Ils siègent alors préférentiellement sur le tronc et prennent l’aspect d’une plaque d’eczéma. Différents traitements non chirurgicaux sont disponibles dans cette indication : la photothérapie dynamique (PTD) avec l’acide aminolévulinique ou l’acide méthyl aminolévulinique  et l’immunothérapie topique par imiquimod ou le 5-fluorouracile.

Deux dermatologues de l’université d’Amsterdam reviennent sur les données d’une étude entreprise pour déterminer quelle pouvait être l’approche la plus satisfaisante entre ces trois options. Il s’agit en fait d’une étude de non infériorité (la PTD étant prise comme traitement de référence), randomisée en simple aveugle (1).

3 traitements comparés

Un total de 601 patients a été inclus randomisés en trois groupes : 202 recevant la PTD (2 séances) avec l’acide méthyl aminolévulinique (MAL), 198 appliquant d’imiquimod, une fois par jour, 5 jours par semaine pendant 6 semaines et 201, le 5 fluorouracile, 2 fois par jour pendant 4 semaines. Vingt six patients ont été perdus de vue. Les analyses ont été faites en intention de traiter avec les « perdus de vue » considérés comme ayant rechuté. Une marge de 10 % était retenue comme seuil de non infériorité. Les patients provenaient d’un seul centre et étaient de tous âges, avec des antécédents de tout type en matière de cancers cutanés.

Le critère principal de jugement était l’absence de récidive à 3 et 12 mois de suivi, les critères secondaires étaient le résultat esthétique, l’observance et les effets secondaires.

L'imiquimod en première intention pour les localisations à bas risque ?

Les pourcentages de patients indemnes de récidive à 3 et 12 mois ont été de 72,8 % (intervalle de confiance à 95 % [IC95] : 66,8 à 79,4 %) dans le groupe PTD, 83,4 % (IC95 : 78,2 à 88,9 %) dans le groupe imiquimod et 80,1 % (IC95  : 74,7-85,9 % dans le groupe fluororuracile.

Les malades traités par PTD se sont plaints de douleurs et de sensations de brûlures modérées à sévères au cours du traitement, tandis que pour les traitements topiques, les effets secondaires le plus souvent rapportés étaient un œdème local, des érosions, des croûtes, un prurit.

Ces résultats montrent que le traitement par 5 fluorouracile n’est pas inférieur à la PTD et que le traitement par imiquimod est supérieur à la PTD. Les auteurs de l’étude princeps comme les commentateurs estiment qu’ils sont extrapolables à d’autres centres et d’autres populations et que l’analyse statistique est satisfaisante.

Conclusion logique, ils recommandent de préférer la crème à l’imiquimod pour le traitement des carcinomes baso-cellulaires superficiels dans les localisations « à bas risque » en soulignant aussi les autres avantages de ce traitement qui peut être appliqué par le patient lui-même alors que la PTD nécessite de se déplacer dans une structure hospitalière.

Dr Marie-Line Barbet

Références
Lecluse LLA et Spuls Ph I : Photodynamic therapy versus topical imiquimod versus topical fluorouracil for treatment of superficial basal-cell carcinoma: a single blind, non-inferiority, randomised controlled trial: a critical appraisal.
Br J Dermatol.,2015;172: 8-10. (doi: 10.1111/bjd.13460).
1) Arits AH et coll. : Photodynamic therapy versus topical imiquimod versus topical fluorouracil for treatment of superficial basal-cell carcinoma: a single blind, non-inferiority, randomised controlled trial. Lancet Oncol 2013; 14:647–54.

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Vos réactions (1)

  • Possibilité de PDT en ville

    Le 03 février 2015

    Néanmoins en France de nombreux dermatologues de ville utilisent la PDT et il n'est pas forcément nécessaire d'aller dans une structure hospitalière, ce qui diminue considérablement le coût et la faisabilité pratique.

    Dr Hervé Garat

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