Toxine botulinique : la sueur et les larmes !

Les divers traitements proposés dans l'hyperidrose axillaire se heurtent tous à des inconvénients : incomfort de l'iontophérèse, efficacité insuffisante des applications de topiques à base de sels d'aluminium et risques d'irritation, effets secondaires des bêta bloquants et anticholinergiques, lourdeur de la procédure pour la sympathectomie qui ne semble du reste que d'un intérêt limité dans l'hyperidrose axillaire isolée. Les injections de toxine botulinique A plus connues pour traiter entre autres le blépharospasme et qui se sont montrées efficaces dans le syndrome de Frey et l'hyperidrose palmoplantaire pourraient représenter une alternative intéressante mais les données concernant son utilisation dans l'hyperidrose axillaire sont éparses ne provenant que de quelques séries limitées. M Heckmann et coll ont tenté d'apporter des éléments plus tangibles en réalisant une étude multicentrique sur l'emploi de la toxine botulinique A chez 145 patients atteints d'hyperidrose axillaire primitive majeure définie par une production de sueur supérieure à 50mg par minute et rebelle à un traitement d'une année par chlorure d'aluminium. Chaque sujet a reçu 200 unités de toxine botulinique dans une aisselle par injection intradermique et un placebo dans l'autre. L'essai a été conduit de manière randomisée (entre aisselle droite et gauche) et en double aveugle. Deux semaines après la levée du double aveugle une injection de 100 unités de toxine botulinique a été réalisée dans l'aisselle qui avait initialement reçu le placebo. A l'état basal, la production moyenne de sueur mesurée par gravimétrie était de 192+/- 136mg par minute. Deux semaines après les premières injections la production de sueur dans l'aisselle ayant reçu la toxine botulinique était de 24+/-27mg par minute contre 144+/-113 mg par minute au niveau de « l'aisselle placebo » (P< 0,001). L'injection secondaire de 100 U de toxine botulinique dans les aisselles intitialement traitées par le placebo a entraîné une diminution de la production de sueur à 32+/-39 mg par minute (P< 0,001). Vingt quatre semaines plus tard, la quantité de sueur produite restait toujours environ trois fois moindre que celle enregistrée à l'état basal chez les 136 patients chez lesquels elle a pu être alors mesurée. Le traitement a été bien toléré et apprécié par les patients qui se déclaraient prêts à le recommander. La toxine botulinique, qui agit en bloquant la secrétion axonale d'acétyl choline à la jonction neuromusculaire des neurones autonomes, semble donc constituer un traitement efficace et semble-t-il dénué d'effets secondaires de l'hyperidrose axillaire rebelle aux traitements topiques.

MLB

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