La prise en charge des hépatoblastomes peut être allégée

Le traitement standard de l’hépatoblastome de l’enfant non à haut risque consiste en une chimiothérapie associant cisplatine et doxorubicine suivie d’une excision chirurgicale et d’une chimiothérapie adjuvante. Avec ce type de protocole on obtient, toutes formes confondues, des survies de 75 % à 5 ans.

Un groupe multicentrique international regroupant des équipes européennes et sud américaines a voulu déterminer si, chez des enfants non à haut risque, ce protocole pouvait être allégé en supprimant la doxorubicine dont les effets secondaires graves sont particulièrement fréquents.

Cent vingt-six jeunes patients recrutés sur 8 ans dans les centres participants ont été inclus dans l’essai. Seuls étaient admis des malades ayant un risque standard (c'est-à-dire sans métastases ni extension extra-hépatique, la tumeur n’atteignant que 3 segments hépatiques au plus et avec un taux d’alpha-fœtoprotéine inférieur à 100 ng/ml).

Après un cycle de 80 mg de cisplatine par m2 par 24 heures (permettant de compléter le bilan), ces malades ont été randomisés entre un traitement par cisplatine seul (à la même dose tous les 14 jours pendant 3 cycles préopératoires complémentaires) et une association cisplatine (même posologie) plus doxorubicine (30 mg/m2) à J2 et J3 durant 3 cycles préopératoires espacés de 21 jours.

Après cette chimiothérapie première une nouvelle évaluation tumorale était effectuée. Si la tumeur était considérée comme résécable l’intervention était pratiquée et suivie de deux cycles de chimiothérapie postopératoire identiques. Si les résultats étaient jugés insuffisants deux nouveaux cycles de la chimiothérapie initiale étaient administrés avant une éventuelle intervention. 

Le critère principal de jugement était le taux de résection chirurgicale complète.

Une survie équivalente et moins d’effets secondaires

Sur ce critère les deux protocoles se sont révélés équivalents avec, en intention de traiter, 95 % de tumeurs réséquées dans le groupe cisplatine et 93 % dans le groupe cisplatine-doxorubicine (NS). De même les survies sans événement et les survies globales à 3 ans ont été similaires dans les deux groupes (83 et 95 % dans le groupe cisplatine et 85 et 93 % dans le groupe cisplatine-doxorubicine [NS]).

Ces résultats tout à fait équivalents et satisfaisants ont été obtenus avec nettement moins d’effets secondaires de grade 3 ou 4 dans le groupe cisplatine seul : 20,6 % contre 74,4 % dans le groupe cisplatine-doxorubicine.

Chez des enfants à risque standard tel que défini dans cette étude, on peut donc se passer sans danger de la doxorubicine ce qui permet d’améliorer sensiblement la tolérance du traitement.

Les auteurs rappellent par ailleurs dans leur conclusion que d’autres essais ont montré que dans des formes « limitées » d’hépatoblastome la chirurgie première suivie d’une chimiothérapie adjuvante à base de cisplatine permet également d’obtenir de très bons résultats.

Dr Nicolas Chabert

Référence
Perilongo G et coll. : Cisplatin versus cisplatin plus doxorubicin for standard risk hepatoblastoma. N Engl J Med 2009; 361: 1662-70.

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