Traitement du RGO : mieux vaut une fundoplicature complète

Les résultats initiaux de la fundoplicature (FP) coelioscopique ont révélé l'efficacité de la technique dans le traitement du reflux gastro-oesophagien (RGO) mais aussi la fréquence des dysphagies résiduelles, que l'on a tenté de combattre en réservant la FP complète (FPC) avec valve de 360° aux oesophages à péristaltisme normal et en adaptant des valves partielles (FPP) de 240° aux oesophages « peu actifs ». Mais la dégradation à long terme des résultats de la FPP remet en cause cette stratégie sélective.

Après exclusion des hernies paraoesophagiennes, des malades opérés par voie ouverte, ou réopérés pour récidive, ou par d'autres techniques, les auteurs ont retenu 357 patients (198 hommes). Ils ont comparé un groupe 1 (G1) dans lequel, de 1992 à 1999, la valve a été adaptée au degré d'hypotonie du sphincter inférieur de l'oesophage (SIO) avec 235 malades dont 141 FPP et 94 FPC avec un groupe 2 (G2) opéré à partir de 2000 où les 122 patients ont eu une FPC quels que soient les résultats de la manométrie.

Ils ont analysé les symptômes cliniques (pyrosis, régurgitations), réservant le terme de dysphagie à la gêne apparue en postopératoire, pratiqué fibroscopie (degré d'oesophagite), manométrie (appréciant la pression du SIO et la vitesse de propagation des ondes péristaltiques après déglutition d'eau), pHmétrie ambulatoire prenant en compte le nombre et la durée des épisodes de RGO. La technique chirurgicale (dissection de l'oesophage abdominal, des piliers, section des vaisseaux courts, mobilisation de la grosse tubérosité, fixation du manchon) a été identique dans les 2 groupes sauf l'importance de la valve : 240 ou 360°.

Dans le G1, 57 (33%) des 141 FPP se sont plaints de pyrosis résiduel confirmé 27 fois par la pHmétrie (19%) ayant entraîné 11 (8%) réinterventions. Quant à la dysphagie, elle n'a affecté que 12 opérés et a cédé spontanément 10 fois, après dilatation dans 1 cas, et après réintervention dans un autre (malfaçon technique). Par ailleurs, 14 (15%) des 94 FPC ont signalé un pyrosis confirmé 5 fois par la pHmétrie (5%) dont 3 (3%) ont été réopérés, et 10 une dysphagie postopératoire, résolutive spontanément (6) ou après dilatations (4).

Dans le G2, sur les 122 opérés, 4% ont présenté un pyrosis résiduel confirmé par la pHmétrie, et 8% une dysphagie ayant toujours cédé spontanément ou après dilatations.
Ainsi, la FPP semble moins efficiente que la FCC sur la cure du RGO qui n'entraîne pas davantage de dysphagie, et ceci indépendamment du tonus du SIO.

Dr Jean-Fred Warlin


Patti MG et coll. : « Total fundoplication is superior to partial fundoplication even when esophageal peristalsis is weak ». J.Am.Coll.Surg.2004;198:863-70. © Copyright 2004 http://www.jim.fr

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article