Associer ranibizumab et thérapie photodynamique à la verteporfine dans la vasculopathie polypoïdale choroïdienne

Une équipe de chercheurs a récemment publié dans JAMA Ophtalmology, les résultats à 12 mois de l’étude EVEREST II, dont l’objectif était de comparer l’efficacité et la sécurité du ranibizumab, inhibiteur du facteur de croissance endothélial vasculaire (anti-VEGF), en monothérapie et en association avec une thérapie photodynamique à la verteporfine (TPDv) dans le traitement de la vasculopathie choroïdienne polypoïdale (VPC).

La vasculopathie choroïdienne polypoïdale est une maladie rétinienne exsudative caractérisée par la formation anormale d'un réseau vasculaire d'origine choroïdienne qui se développe sous l'épithélium pigmentaire rétinien, se terminant par des dilatations polypoïdales. Ces lésions sont à l'origine de décollements séro-hémorragiques de l'épithélium pigmentaire rétinien et de la rétine.

La pathogenèse de la VPC demeure incertaine mais, des données récentes suggèrent qu'elle est un sous-type de la forme exsudative de dégénérescence maculaire néo-vasculaire liée à l'âge (DMLA).

La prévalence de la VPC serait plus élevée dans certains groupes ethniques, en particulier chez les asiatiques. Cependant, avec les progrès des techniques diagnostiques, on observe une augmentation de sa fréquence dans toutes les populations.

Supériorité du traitement combiné démontré dans EVEREST II

Cette étude clinique multicentrique en double aveugle a été menée chez 322 patients naïfs d'origine asiatique, randomisés soit dans le groupe ranibizumab 0,5 mg + TPDv (n = 168) soit dans le groupe ranibizumab 0,5 mg + TPD placebo (n = 154). Tous les participants ont reçu trois injections mensuelles consécutives de ranibizumab, suivies d'un traitement à la demande ou pro re nata (PRN). La TPDv ou le placebo a été effectuée au jour 1, suivie également d'un traitement PRN sur base de la présence de polypes actifs.

Les données démographiques des deux groupes étaient comparables à l'inclusion. L'âge moyen des patients était de 68,1 ± 8,8 ans ; 69,9 % étaient des hommes.

Après 12 mois, l'amélioration au test d'acuité visuelle était de 8,3 lettres pour le traitement combiné vs 5,1 lettres pour la monothérapie. La différence entre les deux groupes était statistiquement significative (p = 0,01).

Le traitement combiné s'est également révélé significativement supérieur en ce qui concerne la régression complète des polypes après 12 mois (69,3 % vs 34,7 % ; P < 0,001).

Sur la période de 12 mois, le groupe ranibizumab 0,5 mg + TPDv a reçu un nombre médian de 4,0 injections de ranibizumab comparativement à 7,0 dans le groupe ranibizumab 0,5 mg + TPD placebo.

L'hémorragie vitréenne a été le seul événement indésirable grave oculaire observé chez 1 patient dans le groupe de la thérapie combinée (0,6 %) et chez 3 patients dans le groupe traité par monothérapie (2,0 %).

Les résultats d'EVEREST II sur 12 mois confirment qu'un traitement associant le ranibizumab avec la TPDv améliore efficacement la vision chez les patients atteints de VPC et permet également d'obtenir une régression complète des polypes. Ces résultats fonctionnels et anatomiques ont été obtenus avec moins d'injections de ranibizumab. Les auteurs concluent qu'un traitement combinant le ranizumab et la TPDv devrait être envisagé dans le traitement de la VPC.

Dr Caroline Vrancken

Référence
Koh A et coll. Efficacy and Safety of Ranibizumab With or Without Verteporfin Photodynamic Therapy for Polypoidal Choroidal Vasculopathy - A Randomized Clinical Trial. JAMA Ophthalmology 2017. doi:10.1001/jamaophthalmol.2017.4030.

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