Un nouveau traitement prometteur pour l’asthme sévère

L’asthme sévère ne concerne que peu de malades (moins de 10 % des asthmatiques) mais la morbidité, la mortalité  et les coûts sanitaires associés à cette forme de la maladie sont importants. Chez ces patients allergiques, on observe la persistance d’une inflammation bronchique, principalement à éosinophiles, malgré un traitement de fond bien conduit, incluant de fortes doses de corticoïdes inhalés et/ou oraux.

Le mépolizumab est un anticorps monoclonal humanisé dirigé de façon sélective contre l'interleukine-5. Cette molécule permet de moduler  l’inflammation à éosinophiles et diminue le nombre de ces cellules dans le sang circulant et dans les expectorations.

Les résultats d’un essai randomisé de phase 3 en double aveugle évaluant ce traitement viennent d’être publiés. Les patients, asthmatiques, souffrant d’exacerbations récurrentes malgré de fortes doses de corticoïdes inhalés ont été recrutés de octobre 2012 à janvier 2014. Ils ont été tirés au sort pour recevoir le mépolizumab à une dose de 75 mg en intraveineux (IV) ou de 100 mg en sous-cutané (SC), ou un placebo toutes les 4 semaines pendant 32 semaines. Le critère de jugement principal se basait sur le taux d'exacerbations définies par une aggravation symptomatique nécessitant un traitement corticoïde général, une venue aux urgences ou une hospitalisation. Parmi les autres critères examinés, le volume expiratoire maximal en 1 seconde (VEMS) et le score de qualité de vie respiratoire de St George (SGRQ) ont été relevés.

Sur les 576 patients retenus, l’âge moyen est de 50 ans (de 12 à 82 ans), 57 % sont des femmes et 25 % reçoivent une corticothérapie orale.

Quatre cent quarante-six exacerbations d’asthme ont été recensées. La fréquence des exacerbations a été réduite de 47 % (intervalle de confiance à 95 % [IC 95] de 29 à 61 %) chez les patients recevant le mépolizumab IV et de 53 % (IC 95 : 37à 65 %) chez ceux recevant le mépolizumab SC, par rapport à ceux recevant  le placebo (p < 0,001 pour les deux comparaisons). La fréquence des exacerbations les plus sévères (nécessitant une venue aux  urgences ou une hospitalisation) a été réduite de 32 % dans le groupe mépolizumab IV et de 61 % dans le groupe mépolizumab SC.

Concernant l’amélioration fonctionnelle, à la fin de la période d’étude (32ème semaine), l'augmentation moyenne du VEMS est de 100 ml de plus dans le groupe mépolizumab IV et de 98 ml dans le groupe mépolizumab SC  par rapport au groupe placebo (p = 0,02 et p = 0,03). L'amélioration du score SGRQ est de 6,4 points et de 7,0 points supérieure pour les groupes mépolizumab par voie IV et SC, respectivement, par rapport au groupe placebo (minimale cliniquement significative de 4 points). Enfin, concernant les effets secondaires considérés par les investigateurs comme en rapport avec le produit, l’incidence est similaire dans les groupes mépolizumab (17 % pou l’IV et 20 % pour la voie sous cutanée) ou le groupe placebo (16 %). Les réactions au site d’injection sont plus fréquentes par voie sous-cutanée.

Le mépolizumab apparaît  comme un nouveau traitement prometteur dans l’asthme allergique sévère.

Dr Béatrice Jourdain

Référence
Ortega H et coll. : Mepolizumab Treatment in Patients with Severe Eosinophilic Asthma. N Engl J Med., publication avancée en ligne le 8 septembre. DOI: 10.1056/NEJMoa1403290

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