Asthme sévère accompagné d’une polypose nasale : succès du benralizumab !

L’essai randomisé de phase III, mené à double insu contre placebo, intitulé ANDHI, a fait date en démontrant l’efficacité du benralizumab dans le traitement de l’asthme à éosinophiles sévère associé ou non à une polypose nasale (PN). Parmi les résultats favorables, figurait notamment l’amélioration de la rhinosinusite chronique et de la PN, attestée par les modifications significatives du SNOT-22 (pour Sino Nasal Outcome Test -22) conçu pour évaluer les symptômes et la qualité de vie en rapport avec la maladie rhinosinusienne. Une analyse post hoc des données de l’étude ANDHI s’est focalisée sur les patients atteints à la fois de cette forme d’asthme et d’une PN avérée.

Dans l’essai ANDHI, le benralizumab qui est un anti-IL5 ou un placebo avaient été administrés par voie sous-cutanée chaque semaine pendant 24 semaines chez 656 malades adultes atteints d’un asthme à éosinophiles sévère et évolutif, les exacerbations se poursuivant à un rythme soutenu en dépit d’une corticothérapie inhalée à hautes doses d’une durée d’au moins deux années, en plus d’autres traitements standards. Au sein de la cohorte initiale, ont été sélectionnés 153 patients (23 %) atteints à la fois d’un asthme et d’une PN, dont 96 affectés au groupe benralizumab et 57 au groupe placebo. Dans ce sous-groupe composé à moitié de femmes, l’âge moyen était de 53 ans et le nombre moyen d’exacerbations de la maladie asthmatique au cours de l’année précédant l’inclusion était de 3,3. Le VEMS avant bronchodilatation était en moyenne de 55 % et l’éosinophilie moyenne de 510 /µl.

Amélioration de l’asthme et atténuation des symptômes de la polypose nasale  

En cas de score basal élevé sur le SNOT-22 (>30), le benralizumab a amélioré les symptômes de la PN plus que le placebo, avec à la 24ème semaine une différence intergroupe de -10,44 [p = 0,0176]. Les répondeurs ont été plus nombreux dans le groupe traité, soit 71,3 % versus 45,5 % dans le groupe placebo (p = 0,0036). L’effet a été encore plus bénéfique en cas de valeurs élevées des scores sur SNOT-22 (>30) à l’état basal.

Le benralizumab a également amélioré les symptômes de l’asthme associé à la PN, le nombre annuel d’exacerbations étant de 69 % inférieur à celui du groupe placebo (0,77 versus 2,47 ; p < 0,0001). La qualité de vie et l’état clinique ont évolué dans le même sens, le score total obtenu au St. George's Respiratory Questionnaire diminuant significativement par rapport à l’état basal (p<0,0001) dans le groupe traité, cependant que le VEMS augmentait (p<0,0001), tout comme le niveau de contrôle de l’asthme (p<0,0001). L’acceptabilité du benralizumab s’est avérée globalement satisfaisante.

Cette analyse post hoc des données de l’essai ANDHI plaide en faveur de l’efficacité symptomatique du benralizumab chez les patients atteints à la fois d’un asthme à éosinophiles sévère et d’une PN. Cet anti-IL5 améliore le pronostic fonctionnel de l’asthme tout en atténuant les symptômes de la polypose nasale : cette double action ne peut être que bénéfique en termes de qualité de vie face à une double peine.

Dr Philippe Tellier

Référence
Canonica GW et coll. : Benralizumab improves symptoms of patients with severe, eosinophilic asthma with a diagnosis of nasal polyposis. Allergy. 2022;77(1):150-161. doi: 10.1111/all.14902.

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