Bupropion plus naltrexone associés contre la meth

Une augmentation de la consommation de méthamphétamine a été constatée aux Etats-Unis, à l’origine de décès par overdoses. Pour le moment, la Food and Drug Administration n’a validé aucun traitement pour cette dépendance. Le bupropion et la naltrexone, utilisés séparément, ont montré une certaine efficacité, et récemment les résultats d’un petit essai en ouvert suggérait que l’association des deux molécules pourrait être intéressante.

C’est la raison pour laquelle une équipe texane a mis sur pied un essai en double aveugle contre placebo, pour évaluer l’efficacité et la sécurité d’utilisation de l’association naltrexone LP injectable (380 mg toutes les 3 semaines) et bupropion LP (450 mg par jour) chez des patients présentant une dépendance modérée à sévère à la méthamphétamine. Dans la phase 1 de l’essai, les participants (n = 403) étaient randomisés pour recevoir, pendant 6 semaines, le traitement ou le placebo. Ensuite, au cours de la phase 2, ceux du groupe placebo n’ayant pas « répondu » (n = 225) étaient à nouveau randomisés pour recevoir le traitement ou à nouveau un placebo pendant 6 semaines supplémentaires. Des dosages urinaires étaient réalisés 2 fois par semaine. Trois échantillons négatifs sur 4 au cours des 2 semaines suivant la fin de chaque phase définissaient la réponse positive au traitement.

Des résultats mitigés mais tout de même appréciables ?

Les résultats sont mitigés, une réponse au traitement n’étant détectable que chez un faible pourcentage de participants, toutefois significativement supérieur
dans le groupe traitement, en comparaison avec le groupe placebo. A la fin de la première phase, une réponse au traitement était en effet constatée chez 16,5 % participants du groupe naltrexone-bupropion et 3,4 % du groupe placebo. A la fin de la deuxième phase, une réponse est obtenue chez 11,4 % des patients recevant le traitement et 1,8 % de ceux du groupe placebo.

Les effets indésirables les plus fréquents sous naltrexone-bupropion sont les troubles gastro-intestinaux, des tremblements, des malaises, une hyperhidrose et une anorexie. Au total 3,6 % des participants recevant le traitement ont présenté des effets indésirables graves.

La dépendance à la méthamphétamine est grave, avec une morbidité importante et de fréquentes rechutes. Dans cet essai, les participants étaient sévèrement atteints, la majorité d’entre eux ayant un usage quotidien de méthamphétamine. Dans les conditions de cet essai, une réponse au traitement a été obtenue tous les 9 patients traités.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Trivedi MH et coll. : Bupropion and Naltrexone in Methamphetamine Use Disorder. N Engl J Med 2021; 384: 140-53.

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