Diabète, IRC et finérénone, les promesses de FIGARO sont tenues !

La finérénone est un antagoniste non stéroïdien sélectif des récepteurs minéralocorticoïdes en cours de développement. Ce médicament semble prometteur dans les situations à très haut risque cardiovasculaire. L’association d’un diabète de type 2 et d’une insuffisance rénale chronique (IRC) en fait partie, dans la mesure où elle favorise la survenue d’une insuffisance cardiaque qui est une cause majeure de morbi-mortalité. Dans les essais FIDELIO-DKD (Finerenone in Reducing Kidney Failure and Disease Progression in Diabetic Kidney Disease) et FIGARO-DKD (Finerenone in Reducing Cardiovascular Mortality and Morbidity in Diabetic Kidney Disease), la finérénone avait de fait amélioré le pronostic cardiovasculaire chez des patients atteints à la fois d’un diabète de type 2 et d’une IRC associée à une albuminurie. Une analyse complémentaire des données de l’essai FIGARO-DKD a évalué l’effet de ce médicament sur le risque d’insuffisance cardiaque.

L’étude en question a inclus 7 352 patients diabétiques chez lesquels : (1) le rapport albumine/créatinine urinaire était ≥ 30 mais < 300 mg/g et le débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) ≥ 25 mais ≤ 90 ml/ min/1,73 m2 ; (2) ou le rapport albumine/créatinine était ≥ 300 mais ≤ 5000 mg/g, le DFGe étant alors ≥ 60 ml/mn/1,73 m2 ; (3) la fraction d’éjection ventriculaire gauche était abaissée sans qu’il existe pour autant des symptômes d’insuffisance cardiaque dont il existait des antécédents chez seulement 7,8 % des participants.

Un effet cardioprotecteur significatif

Dans le groupe finérénone, le risque d’insuffisance cardiaque a été significativement réduit, soit 1,9 % versus 2,8 % (groupe placebo), ce qui conduit à un hazard ratio [HR] de 0,68 [intervalle de confiance à 95 % IC 95%, 0,50–0,93] ; p = 0,0162). Il en a été de même pour la mortalité cardiovasculaire combinée au risque de première hospitalisation pour insuffisance cardiaque (HR, 0,82 [IC 95%, 0,70–0,95] ; p=0,011). Le risque d’hospitalisations multiples pour insuffisance cardiaque a, pour sa part, été réduit de 30 % (rate ratio, 0,70 [IC 95%, 0,52–0,94. Ces résultats n’ont en rien été modifiés par les antécédents d’insuffisance cardiaque. La fréquence des évènements indésirables a été voisine dans les groupes finérénone et placebo.

Cette analyse complémentaire des données de l’essai FIGARO-DKD confirme les résultats d’autres études, en soulignant l’effet cardioprotecteur de la finérénone chez les patients atteints à la fois d’un diabète de type 2 et d’une insuffisance rénale chronique. Le bénéfice thérapeutique se traduit, dans ce cas, par une diminution du risque d’insuffisance cardiaque et de la mortalité cardiovasculaire. Cet antagoniste non stéroïdien sélectif des récepteurs minéralocorticoïdes qui inaugure de facto une nouvelle classe pharmacologique semble promis à un bel avenir dans les situations cliniques où le risque cardiovasculaire est élevé, mais d’autres études permettront de mieux définir ses indications privilégiées que l’on commence à pressentir.

Dr Catherine Watkins

Références
Dr Catherine Watkins
Filippatos G et coll. : Finerenone Reduces Risk of Incident Heart Failure in Patients With Chronic Kidney Disease and Type 2 Diabetes: Analyses From the FIGARO-DKD Trial. Circulation 2022;145:437–447/doi.org/10.1161/CIRCULATIONAHA.121.057983Circulation.

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