Moins de chutes avec une rééducation de la marche en rythme dans la maladie de Parkinson

Chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, la chute est, entre autre, l’une des premières causes de la perte d’indépendance, de l’institutionnalisation à long terme et de l’augmentation de la mortalité. Il a été estimé pour cette population de patients que chaque année environ deux tiers font l’expérience d’au moins une chute, et que plus de 50 % tombent régulièrement. Au cours de cette pathologie, le schéma de marche s’altère sur plusieurs critères consécutivement aux déficits moteurs spécifiques ; on peut citer : un ralentissement de la vitesse de marche, une diminution de l’amplitude du pas et une accélération du pas (festination), ou encore un enrayage cinétique (freezing). Cette cinématique de marche fait écho aux difficultés de ces patients à effectuer des mouvements séquentiels rythmés. Or, la perte de la capacité à produire une démarche rythmée a été associée à un risque accru de chute. Afin d’évaluer l’apport des techniques d'entraînement à la marche rythmée pour prévenir ou réduire les chutes, une étude chinoise a fait appel à la stimulation auditive rythmique (SAR), une technique qui synchronise les mouvements de la marche avec des indications temporelles prévisibles, pour améliorer la stabilité cinématique et réduire les épisodes de freezing.

Au total, 60 participants, âgés de 62 à 82 ans, ayant reçu un diagnostic de stades de Hoehn et Yahr III ou IV de maladie de Parkinson et ayant chuté au moins deux fois au cours des 12 derniers mois, ont été inclus dans cette étude randomisée. Les participants ont été répartis au hasard en deux groupes et ont suivi 30 minutes de rééducation à la marche avec entrainement au métronome, en tant que SAR. Le groupe expérimental a suivi 24 semaines d'entraînement sans interruption, tandis que le groupe témoin a suspendu la rééducation spécifique entre les semaines 8 et 16, sachant que les bilans ont été réalisés au départ, et aux semaines 8, 16 et 24.

A l’analyse, les résultats montrent que les deux groupes se sont nettement améliorés à la semaine 8. À la semaine 16, après que le groupe témoin a interrompu l'entraînement, des différences significatives sont apparues entre les groupes, notamment une augmentation significative de l'indice de chute pour le groupe témoin. Cependant après la reprise de l'entraînement, le nombre de chutes du groupe contrôle s’est réduit, de sorte qu’à la semaine 24 les différences entre les groupes ne sont plus significatives. Par ailleurs, la corrélation significative entre d’une part  la dorsiflexion de la cheville bilatérale comme modification de la démarche et d’autre part la peur et l’indice de chute, suggère que la flexion dorsale de la cheville est l’un des mécanismes cinématiques potentiels adaptatifs.

En somme, dans la prise en charge de la maladie de Parkinson, la rééducation de la marche avec stimulation auditive rythmée semble réduire significativement le nombre de chutes et améliorer les paramètres clés de la marche tels que la vitesse et la longueur du pas. A noter que l’effet bénéfique de cet entraînement, comme l’on pouvait s’en douter dans le cadre d’une pathologie évolutive chronique, s’estompe à moyen terme.

Anne-Céline Rigaud

Référence
Thautand MH et coll. : Rhythmic auditory stimulation for reduction of falls in Parkinson’s disease: a randomized controlled study. Clin Rehabil., 2019 ; 33. doi: 10.1177/0269215518788615.

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