Encéphalite à anticorps anti-NMDAr en pédopsychiatrie

Supplément à l’intention des jeunes psychiatres de l’American Journal of Pyschiatry, le Residents’Journal consacre un article à une affection identifiée pour la première fois en 2007 mais de plus en plus reconnue comme cause de symptômes psychiatriques : l’encéphalite à anticorps anti-NMDAr (N-méthyl-d-aspartate)[1].

Une encéphalite auto-immune


Touchant surtout les adolescentes et les jeunes femmes (environ deux tiers des patients), c’est une maladie auto-immune comportant des auto-anticorps contre les récepteurs NMDA dans le système nerveux central, et pouvant entraîner une psychose, une altération de la cognition, une altération de la mémoire, des troubles de l’élocution, une perte de la conscience, des mouvements désordonnés, des convulsions ou d’autres dysfonctionnements.

Elle se rencontre souvent dans un contexte paranéoplasique, le tératome ovarien étant le cancer associé le plus courant, bien que les estimations de la fréquence des néoplasmes varient considérablement. Déplorant un manque de connaissances sur la gestion optimale des symptômes comportementaux et psychotiques, en particulier en pédopsychiatrie (malgré des progrès réalisés dans son traitement), les auteurs dégagent quelques points-clefs sur cette encéphalite. Tout d’abord, elle résulte de perturbations immunitaires, avec également une activité réduite des récepteurs NMDA au niveau des neurones GABAergiques corticaux, impliquée dans les symptômes psychotiques.

Traiter les manifestations psychiatriques


Les antipsychotiques représentent le pilier du traitement pharmacologique des conséquences psychiatriques de cette encéphalite anti-NMDAr, mais la possibilité d’un syndrome malin des neuroleptiques constitue un effet secondaire grave et significativement fréquent justifiant le recours à un antipsychotique de deuxième génération comme une option probablement plus sûre (« likely a safer option »).

Les patients concernés peuvent bénéficier d’antipsychotiques de deuxième génération, prescrits à titre systématique et si besoin (« both scheduled and as-needed »), durant l’hospitalisation et à la sortie de l’hôpital.

Notons cependant l’absence de consensus thérapeutique international pour cette maladie de connaissance récente, puisque dans le guide qu’elle lui consacre[2], la Haute Autorité de Santé en France donne cette recommandation différente : « Le traitement des symptômes psychiatriques doit privilégier les benzodiazépines qui peuvent d’ailleurs aider à contrôler les mouvements anormaux et la catatonie. Les neuroleptiques doivent être évités autant que possible car il existe un risque majoré de syndrome malin. »

[1] https://www.has-sante.fr/jcms/p_3310384/fr/encephalites-a-anticorps-anti-nmdar
[2] https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-01/synthese_mg_encephalites_a_anticorps_anti_nmdar.pdf

Dr Alain Cohen

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article