La question de l’activité physique ou sportive pour les enfants atteints de cardiopathie congénitale

Les recommandations actuelles d’activité physique (AP) pour les enfants âgés de 6 à 11 ans s’adressent à tous, sans cibler spécifiquement ceux qui sont atteints d’une pathologie chronique.

Les professionnels de santé sont ainsi parfois en difficulté pour conseiller une AP dans ce cadre. En outre, les parents peuvent empêcher ou limiter les AP de leur enfant malade « au nom de sa santé ». Ces craintes parentales conduisent à un mode de vie encore plus sédentaire, en particulier chez les enfants souffrant de cardiopathies congénitales (CC). Une attitude qui expose ces derniers à des facteurs de risque cardiorespiratoires, à l’obésité, à des maladies métaboliques, voire à des retards de développement dans la petite enfance.

Pourtant, les cardiologues pédiatriques considèrent que les enfants atteints de CC peuvent avoir une vie active et participer à certains sports. Seules les CC sévères (sténose aortique, etc.) en représentent, le plus souvent, des contre-indications.

De nombreux effets bénéfiques

Pour faire le point, des chercheurs de l’université de Münich (Allemagne) ont conduit une revue de la littérature sur les effets d’une pratique physique ou sportive chez les enfants atteints de CC. En interrogeant les bases de données habituelles (PubMed, Medline, CINHAL, Embase, Cochrane Library), ils ont trouvé 6 293 articles, dont 40 ont été retenus pour l’analyse. Ces publications regroupaient 3 256 patients, âgés principalement de 5 à 16 ans.

En matière d’endurance, les programmes interventionnels ont un effet positif, avec une amélioration de la VO2max et donc une augmentation mesurable de la capacité cardiorespiratoire chez presque tous les patients atteints de CC. Chez les patients « Fontan » (intervention chez les sujets univentriculaires), ces résultats sont toutefois moins nets.

Le développement musculaire et les compétences motrices des enfants et adolescents atteints de CC bénéficient également de l’AP, avec des effets comparables à ceux qu’on observerait chez des sujets en bonne santé. Une conclusion similaire est formulée concernant l’IMC et le poids corporel : un niveau plus élevé d’AP est associé à un IMC et un périmètre abdominal plus petits.

Enfin, la pratique d’une AP accroît la qualité de vie et diminue les problèmes psychosociaux.

Les auteurs concluent en proposant, pour rassurer les familles, d’introduire l’AP progressivement dans un cadre supervisé, à domicile ou en établissement, après une évaluation médicale individuelle.

Dr Patrick Laure

Référence
Dold SK, Haas NA et coll. : Effects of Sports, Exercise Training, and Physical Activity in Children with Congenital Heart Disease—A Review of the Published Evidence. Children 2023; 10:296 (1–30). doi: 10.3390/children10020296.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article