Cancer de la vessie : l’aspirine aurait des effets favorables sur la survie

En diminuant le taux des cytokines, l’aspirine pourrait potentiellement avoir une activité antinéoplasique. De fait, un effet favorable d’une prise quotidienne d’aspirine vis-à-vis des cancers de la prostate, du côlon-rectum et du sein a été suggéré. Les auteurs de la Mayo Clinic ont voulu évaluer son intérêt face au cancer de la vessie (KV).

Dans ce but, ils ont repris les dossiers des KV traités dans leur institution entre 2007 et 2016 par cystectomie radicale (CR), afin d’identifier parmi ces patients ceux qui, en préopératoire, prenaient de l’aspirine mais aussi des statines ou de la metformine qui pourraient avoir une action comparable.

Un groupe d’ « utilisateurs d’aspirine » ou GUA a ainsi pu être constitué, formé des patients ayant ingéré régulièrement de l’aspirine durant les 90 j précédant l’intervention ; les faibles et les forts consommateurs ont été distingués, le point pivot se situant à 162 mg. Les non consommateurs ont été placés dans le groupe GNUA. Les principaux critères de jugement ont été la survie globale et spécifique, les critères secondaires les complications hémorragiques (hématomes ou saignements) imputables à l’aspirine.

Un effet protecteur à faible dose et pour les cancers de vessie T1

Sur la cohorte totale de 1 061 malades, 461 (43 %) étaient dans le GUA ; ce groupe se distinguait du GNUA par son âge plus élevé, son indice de masse corporelle plus important, la plus grande incidence des antécédents cardiovasculaires, l’association plus fréquente de l’aspirine à la metformine ou aux statines et un taux plus faible de dérivations continentes. En revanche, les incidents hémorragiques peropératoires et le recours aux transfusions ont été similaires dans les 2 groupes.

Durant les 50 mois de suivi, il y a eu 331 décès liés au KV. On a constaté que, tant la survie globale (59 vs 52 %) que la survie spécifique (68 vs 60 %) ont été supérieures dans le GUA. En analyse multivariée, cet avantage de l’aspirine se confirme (mortalité réduite par un facteur 0,7). Cet effet protecteur ne se constate pourtant que pour les KV T1 (n’envahissant pas la musculeuse).

Les doses étaient faibles chez 85 % des malades (81 mg pour 81%) et fortes pour 15 % d’entre eux (325 mg, voire plus). Les faibles consommateurs sont les seuls à bénéficier d’une survie globale et spécifique prolongée.

La prise quotidienne d’aspirine à faibles doses semble donc être associée a une survie plus longue chez les patients soumis à une cystectomie totale pour cancer de la vessie.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Lyon TD et coll. : The association of aspirin use with survival following radical cystectomy. J Urol., 2018; 200: 1014-1021.

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