Quelle voie d’abord pour la colpopexie au promontoire ?

Dans la chirurgie des prolapsus vaginaux, la voie abdominale donne des résultats plus pérennes que la voie vaginale, mais le revers de la médaille est la plus grande fréquence des complications, en particulier infectieuses. Ces critiques semblent moins pertinentes lorsque l’abord abdominal est pratiqué, non par voie ouverte (VO), mais par voie coelioscopique (VC) ou robotique (VR). Toutefois, les études sur ce sujet sont rétrospectives, limitées et déjà anciennes, ce qui a incité les auteurs de la Mayo Clinic à entreprendre à l’échelle nationale des États-Unis une vaste revue des avantages de la VC-VR comparés à la VO entre 2010 et 2016 chez les femmes de 18 à 89 ans subissant une promontofixation du vagin.

Pour cette période, les auteurs ont recueilli les données de plus de 600 hôpitaux à travers le pays, prenant notamment en compte le taux de complications dans les 30 premiers jours, majeures (infarctus du myocarde, maladie thromboembolique) ou mineures (infections urinaires, abcès de paroi) et celui des réadmissions et ré-interventions. On a également pris note des interventions associées (suspension sous-urétrale, hystérectomie). Il a été considéré que la durée de séjour était prolongée quand elle dépassait 3 j (10 % des opérées).

De meilleures suites avec les interventions par voie mini-invasive

Au total, entre 2010 et 2016, 4 362 femmes ont été opérées d’une promontofixation du vagin, dont 1 179 (27 %) par VO et 3 183 (73 %) par VC-VR, le taux de ces dernières progressant régulièrement entre 2010 (70 %) et 2016 (82 %). Les femmes les plus souvent concernées avaient entre 55 et 69 ans.

Les deux groupes étaient comparables en termes de démographie, mais la VO avait été plus volontiers choisie en cas d’insuffisance respiratoire et les femmes ainsi traitées avaient un taux d’albumine sérique plus élevé. La durée d’intervention s’est avérée supérieure (de 20 mn) par voie VC-VR, et on a plus souvent associé une colpopérinéorraphie postérieure ou une hystérectomie par VO et une bandelette sous-urétrale avec la VC-VR.

Les complications les plus souvent rencontrées dans l’un et l’autre groupe ont été les infections urinaires et pariétales, puis les complications respiratoires et thromboemboliques. Mais toutes se sont révélées plus rares au cours de la VC-VR qu’au cours de la VO, qui a également entraîné des durées de séjour supérieures, une plus grande quantité de transfusions sanguines, de réadmissions et de ré-interventions.

La promontofixation gagne donc à être pratiquée par voie mini-invasive.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Linder BJ et coll. : A national contemporary analysis of perioperative outcomes of open versus minimally invasive sacrocolpopexy. J Urol., 2018; 200: 862-867.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (2)

  • Tiens pas de rétention urinaire !

    Le 02 février 2019

    Curieux l'absence de rétention urinaire post-opératoire dans cette revue de la promonto-fixation.

    Pourtant les urologues en voient. Leurs seul recours est couper sans l'enlever la bandelette sous-urétrale si aucune amélioration n'est obtenue par divers moyens au bout de trois mois.

    Dr JD

  • Portée d'une telle étude ?

    Le 06 février 2019

    600 hôpitaux pendant 6 ans et seulement 4000 patientes? soit 1.1 patiente par hôpital et par an! en moyenne.
    Ces résultats n'ont pas de signification quand à la question posée.

    Dr BdR

Réagir à cet article