Sphincter urinaire artificiel chez l’homme, quelles suites à long terme ?

Le sphincter urinaire artificiel (SUA) est le traitement de référence de l’incontinence urinaire masculine (IUM) sévère par insuffisance sphinctérienne. L’indication la plus fréquente en est l’IUM après prostatectomie radicale (PR) pour cancer de la prostate, dont le risque est encore majoré en cas de radiothérapie (RT) associée. Les complications per et postopératoires du SUA ont été beaucoup étudiées mais ici, les auteurs canadiens se sont intéressés aux résultats à long terme et singulièrement au taux de révision/ablation et réimplantation.

Leur étude a repris les dossiers des 1 632 hommes chez lesquels un SUA a été implanté entre 1994 et 2013 dans l’Ontario. L’ablation/réimplantation pouvait intéresser tout le SUA ou seulement certains de ses composants (ballons, manchettes, pompe).

La grande majorité (79 %) des patients se situaient dans la tranche 60-79 ans. Des pathologies associées étaient présentes dans plus de 90 % des cas, et les ¾ des poses de SUA ont été pratiquées dans des centres hospitalo-universitaires, le volume annuel de ces interventions variant de 1 à 34 selon l’importance des centres (Toronto, Ottawa ou Oshawa).

Toujours en place après 10 ans dans la majorité des cas

Le risque global de révision/ablation à 10 ans du dispositif a été de 34 %, indépendant du type de centre où il avait été posé, mais augmenté par les pathologies associées. A l’opposé, le risque global de réimplantation du SUA à 10 ans, (de 27 %) est plus faible chez les patients opérés dans un centre à haut débit, alors que les pathologies associées n’ont pas d’impact sur ce dit risque.

Quant à la RT, pratiquée chez 274 malades, qu’elle fût réalisée avant ou après la PR, qu’elle fût ou non précédée d’une résection transurétrale de la prostate, elle n’a pas modifié le taux des réimplantations. En revanche, moins il y a de pathologies associées et plus le SUA a été implanté dans un centre à gros débit, moins le risque de rétention urinaire est élevé.

Enfin, 5 % des malades ont eu recours au cours des 10 ans de suivi à d’autres techniques de lutte contre l’IUM : ballons péri-urétraux ou bandelettes sous-urétrales et ce pourcentage n’est pas non plus modifié par la RT antérieure, qui est finalement sans incidence sur la rétention ou la récidive d’IUM. Les autres complications (orchiépididymites, sténoses urétrales, hématurie) sont majorées quand l’opération a eu lieu dans un centre à gros débit.

La grande majorité des sphincters artificiels sont toujours en place au terme de 10 ans et la nécessité de les remplacer dépend beaucoup plus des pathologies associées que des antécédents de radiothérapie.

Dr Jean-Fred Warlin

Référence
Radomski SB et coll. : Complications and interventions in patients with an artificial urinary sphincter: long-term results. J Urol., 2018; 200: 1093-1098.

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions

Soyez le premier à réagir !

Les réactions aux articles sont réservées aux professionnels de santé inscrits
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.

Réagir à cet article