Arrêt cardiaque : restons-en à 1 mg d’adrénaline !

Dans la pris en charge de l'arrêt cardiorespiratoire, outre la défibrillation rapide des rythmes choquables et le début précoce des compressions thoraciques efficaces, peu de traitements ont démontré leur efficacité. L'American Heart Association et l'European Resuscitation Council ont inclus les vasopresseurs dans leurs algorithmes de réanimation des ACR depuis le début de leurs lignes directrices, malgré un très faible niveau de preuve de leur efficacité.

En 2015, l'International Liaison Committee on Resuscitation (ILCOR) a procédé à un examen des données scientifiques existantes. L'administration d’adrénaline à la dose standard (bolus de 1 mg) pendant la RCP a fait l’objet d’une faible recommandation appuyée par des preuves de très faible qualité. L'administration de vasopressine (ADH), l'association d'adrénaline et de vasopressine et l'administration d'adrénaline à forte dose (≥ 0,2 mg/kg ou 5 mg en bolus) ne sont pas recommandées, car elles ne sont en rien supérieures à la dose standard d’adrénaline.

Depuis 2015, un vaste essai randomisé comparant l'adrénaline à un placebo lors de l’ACR extra-hospitalier (ACEH) a été publié, qui, ainsi que d'autres travaux récents, a incité l'ILCOR à revoir sa copie. C’est ce que la présente étude se propose de faire en procédant à la méta-analyse des études sur les vasopresseurs lors de l’arrêt cardiaque, afin de mettre à jour les recommandations internationales.

Confirmation que la vasopressine ne confère aucun avantage

On été inclus 15 essais contrôlés et 67 études observationnelles. La majorité des études ne portaient que sur les ACEH. Des méta-analyses ont été effectuées sur deux essais contrôlés comparant l'adrénaline à un placebo, trois comparant la vasopressine à l'adrénaline et trois comparant l'adrénaline associée à la vasopressine à l'adrénaline seule. Tous les essais contrôlés présentaient un risque de biais allant de faible à modéré. Le degré de certitude des preuves variait d’un niveau très faible à élevé. Le risque de biais dans les études observationnelles était généralement jugé critique, surtout en raison du biais de confusion et de sélection.

Il en ressort que l’adrénaline améliore le retour de la circulation spontanée, la survie après la sortie de l'hôpital et la survie à trois mois en cas d'ACEH. Fait intéressant, l'amélioration des résultats à court terme est apparue plus prononcée pour les rythmes non choquables. Les différences dans les pronostics neurologiques à long terme n'ont pas atteint la signification statistique. Enfin, il est bien confirmé que la vasopressine seule ou associée à l’adrénaline ne présente aucun avantage par rapport à l’adrénaline seule.
 

Dr Bernard-Alex Gaüzère

Référence
Holmberg MJ, Issa MS, Moskowitz A et coll. : International Liaison Committee on Resuscitation Advanced Life Support Task Force Collaborators. Vasopressors during adult cardiac arrest: A systematic review and meta-analysis. Resuscitation. 2019; 139: 106-121. doi: 10.1016/j.resuscitation.2019.04.008.

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