Beaucoup de médicaments en rupture de stock en pédiatrie aussi

Les ruptures de stock de médicaments affectent particulièrement les enfants et sont un danger permanent pour les patients et leur sécurité. Les médicaments en rupture peuvent être remplacés par d’autres moins familiers aux praticiens, moins efficaces et d’usage moins documenté. Le phénomène paraît mondial.

Des urgentistes et chercheurs en santé publique de Washington ont conduit une étude destinée à évaluer l’importance des ruptures concernant les médicaments prescrits en médecine ambulatoire pédiatrique aux USA de 2001 à 2015. La base de données est un site (University of Utah Drug Information Services) qui reçoit les signalements volontaires des ruptures de stock par les cliniciens et les hôpitaux, confirmées par les fabricants.

Parmi 1 883 produits en rupture, les auteurs en ont identifié 314 (17 %), à l’exclusion des médicaments retirés du marché, utilisés en pédiatrie ambulatoire. Pour 60/314 (19 %) il était possible de recourir à une autre marque pédiatrique. Les données ont été analysées selon la classe thérapeutique, la formulation, la raison de la rupture, le statut commercial, la disponibilité de formules alternatives ou non.

Un problème majeur lorsqu’il n’y a pas d’alternative

Le nombre annuel médian des nouvelles ruptures de médicaments pédiatriques a été de 22 (intervalle interquartile 11-28), plus élevé entre 2009 et 2015 (28, p = 0,003). Pour les formes spécifiquement pédiatriques le nombre atteint une médiane de 4,5/an (IQR 1-7). Parmi les 314 produits en cause, la durée médiane de ces ruptures a été de 7,6 mois et 3,8 % n’étaient pas résolues à la fin de l’étude. Les médicaments anti-infectieux étaient les plus fréquemment concernés (n = 60) sur une durée médiane de 8,9 mois ; la durée la plus longue a été pour la ciprofloxacine en comprimés de 500 mg (70 mois). Les ruptures pour les vaccins (n = 36) ont eu une durée médiane de 18,5 mois (IQR 5,4-30,9), plus longue que pour les autres produits (P < 0,001). La raison la plus fréquente venait de problèmes de fabrication. Un dosage pédiatrique de substitution était disponible dans 86 % des cas mais manquait dans 19 %.

Ainsi, les ruptures de stock intéressent un nombre substantiel de médicament de pédiatrie ambulatoire. Les médicaments provenant d’une seule source posent un problème majeur s’il n’existe pas d’alternative.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Donnelly KA et coll. : Prescription drug shortages: implications for ambulatory pediatrics. J Pediatr., 2018; 199: 65-70

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