Ce qui affecte le plus la qualité de vie avec une maladie de Parkinson

La qualité de vie liée à la santé (QVLS) suscite un intérêt croissant dans bien des domaines car elle relève d’une vision holistique du bien-être du patient. Conceptuellement, il s’agit d’une notion capitale dans la prise en charge de certaines maladies chroniques particulièrement éprouvantes dont la longue liste inclut la maladie de Parkinson. Les principaux déterminants de la QVLS n'ont pas été étudiés de manière exhaustive au sein de grandes cohortes de patients atteints de cette maladie neurodégénérative.

C’est ce qui fait tout l’intérêt d’une étude de cohorte transversale menée en ligne sur Internet, dans laquelle ont été inclus 23 058 parkinsoniens. L’outil validé EQ-5D-5L a été utilisé pour évaluer la QVLS, en distinguant les symptômes moteurs et non moteurs. Le traitement des données a reposé sur des analyses univariées et multivariées ainsi que sur le test de Spearman selon la nature des symptômes et des tests d’interaction.

Les symptômes neuropsychiatriques, des déterminants essentiels

Le retentissement négatif le plus important sur la QVLS était lié à trois déterminants pouvant se combiner ou de potentialiser : en premier lieu, une dépression modérée à sévère, puis des symptômes moteurs particulièrement sévères et enfin des comorbidités plus fréquentes et plus lourdes à porter (p < 0,001 pour chacun de ces facteurs).

Une analyse d'interaction a révélé que les symptômes moteurs les plus sévères avaient un impact plus important dans certains contextes : sexe féminin, niveau d'éducation faible, revenu inférieur, dépression sévère et déficience cognitive sévère (p < 0,01 pour chacune de ces interactions). Les symptômes neuropsychiatriques et les chutes ont été étroitement et négativement associées à la QVLS (r=-0,31-0,37, p<0,0001) et, de ce fait, sont apparus comme des déterminants essentiels.

Les symptômes moteurs et non moteurs qui caractérisent la maladie de Parkinson sont potentiellement accessibles à des traitements d’efficacité variables qui doivent être ajustés au cas par cas. Leur impact sur la QVLS devrait être connu et, sur ce point, il faut souligner que les symptômes neuropsychiatriques contribuent largement à la détérioration de cette dernière et qu’à ce titre, ils méritent la plus grande attention.

Les symptômes moteurs, pour leur part, ont des répercussions variables selon le contexte démographique ou clinique, mais leur sévérité a évidemment un impact lourd sur la qualité de vie. Cette étude transversale de grande ampleur permet de mieux cerner les cibles qu’il convient de viser pour gérer au mieux les symptômes et améliorer le plus possible la QVLS.

Dr Giovanni Alzato

Référence
Bock MA et coll. : Association of Motor and Nonmotor Symptoms With Health-Related Quality of Life in a Large Online Cohort of People With Parkinson Disease. Rheumatology (Oxford) Neurology. 2022 ; publication avancée en ligne le 13 avril. doi: 10.1212/WNL.0000000000200113.

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