Chirurgie non cardiaque après implantation d’un stent actif : quel danger ?

Environ 1 patient sur 5 est susceptible de subir une intervention chirurgicale non cardiaque dans l’année suivant l’implantation d’un stent coronaire actif.
Thim et coll. ont tenté de :

  1. déterminer le risque à 30 jours de survenue d’un infarctus du myocarde (IDM) ou de décès chez des patients ayant bénéficié d’une intervention chirurgicale non cardiaque dans l’année suivant l’implantation d’un stent coronaire actif motivée par un syndrome coronaire aigu (SCA) ou un angor stable ;
  2. comparer ce risque à celui de patients indemnes de maladie coronaire.
Ainsi, des patients qui avaient bénéficié de l’implantation d’un stent coronaire actif motivée par un SCA (n = 2 291) ou un angor stable (n = 1 804) et qui avaient dû subir une intervention chirurgicale non cardiaque dans l’année suivant la mise en place du stent ont été comparés à une cohorte de sujets indemnes de toute maladie coronaire, issus de la population générale et auxquels ils ont été appariés selon l’âge, le genre et la nature de l’intervention chirurgicale.

Par rapport à la cohorte contrôle, lorsque l’intervention chirurgicale avait été réalisée dans le mois suivant l’implantation du stent actif motivée par un SCA, à 30 jours : le risque d’IDM, était significativement accru (10 % vs 0,8 % ; odds ratio ajusté [ORa] 20,1 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 8,85 à 45,6) mais la mortalité était comparable (10 % vs 8 %, ORa 1,17 ; IC 95 % : 0,76 à 1,79) dans les 2 groupes de patients.

Pas d’augmentation du risque d’IDM et de décès après le premier mois post-implantation

Par rapport à la cohorte contrôle, lorsque l’intervention chirurgicale était réalisée, plus tardivement, 1 à 12 mois après l’insertion du stent actif, à 30 jours :

  1. le risque absolu d’IDM était faible et non significativement plus élevé (0,6 % vs 0,2 % ; ORa 2,18 ; IC 95 % : 0,89 à 5,38) mais le risque de décès était semblable (2,0 % vs 1,8 % ; ORa 1,03 ; IC 95 % : 0,69 à 1,55) ;
  2. chez les patients stentés pour un angor stable, le risque d’IDM était faible et non significativement plus élevé (0,4 % vs 0,2 % ; ORa 1,90 ; IC 95 % : 0,70 à 5,14) et le risque de décès était semblable (2,2 % vs 2,1 % ; ORa 0,91 ; IC 95 % : 0,61 à 1,37).
En conclusion, les patients qui subissent une intervention de chirurgie non cardiaque dans les 1 à 12 mois suivant l’implantation d’un stent actif coronaire motivée par un SCA ou un angor stable ont un risque d’IDM et de décès semblable à celui des sujets indemnes de maladie coronaire faisant l’objet d’une intervention de chirurgie non cardiaque du même type.

Dr Robert Haïat

Référence
Thim T et coll. : Risk of Myocardial Infarction and Death After Noncardiac Surgery Performed Within the First Year After Coronary Drug-Eluting Stent Implantation for Acute Coronary Syndrome or Stable Angina Pectoris. Am J Cardiol., 2021 ; 160 : 14-20.

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