Choisir la bonne formule pour arrêter la marche atopique initiée par l’allergie au lait de vache

La prévalence de l’allergie aux protéines du lait de vache (APLV), la plus commune des allergies alimentaires des jeunes enfants, se situe entre 2 % et 7 %. Les formes sévères et la persistance de l’allergie à un âge plus avancé sont devenues plus fréquentes. L’APLV peut être la première étape de manifestations atopiques ultérieures. Le traitement des enfants non allaités au sein repose sur l’éviction des protéines du lait et le recours à des substituts dont l’efficacité a été démontrée. Toutefois, des questions se posent sur la formule qui pourrait le mieux prévenir l’apparition d’autres manifestations allergiques.

Une étude prospective a été menée à Naples entre 2014 et 2019 chez des nourrissons d’un à 12 mois, non alimentés au sein et pour lesquels était suspectée une APLV IgE dépendante. Leur pédiatre leur avait proposé un substitut du lait puis les avaient adressés au centre d’allergologie pour réalisation de prick-tests et épreuve de réintroduction afin de confirmer le diagnostic.

A l’enrôlement tous les patients étaient stabilisés, sans symptômes sous l’un des régimes stricts depuis 15 à 30 jours. Les critères d’exclusion de l’étude étaient la prise de probiotiques ou d’antibiotiques au cours des 3 mois précédents, des réactions anaphylactiques, des maladies chroniques, des manifestations dermatologiques ou gastro-intestinales cliniques diverses mais non IgE dépendantes.

Supériorité d’une formule à base de caséine et Lactobacillus rhamnosus

Au total, 365 patients ont été enrôlés et 5 formules ont été testées (caséine hydrolysée [FCTH] supplémentée par le probiotique Lactobacillus rhamnosus GG [LGG], protéines de riz hydrolysées, protéines de soja, formules d’acides aminés, hydrolysat de protéines de lait) avec 73 enfants dans chaque groupe. Les manifestations atopiques prises en compte étaient l’eczéma allergique, la rhino-conjonctivite, l’urticaire, l’asthme et autres manifestations respiratoires IgE-dépendantes.

L’incidence des manifestations atopiques a été avec la formule FCTH+LGG de 0,22 (intervalle de confiance à 95 % IC 0,09-0,34), avec une formule à base de protéines de riz hydrolysées de 0,52 (IC 0,37-0,67), avec les protéines de soja de 0,58 (IC 0,43-0,72), avec l’hydrolysat de protéines solubles du lait de 0,51 (IC 0,36-0,66) et avec la formule d’acides aminés de 0,77 (0,64-0,89). L’incidence des manifestations atopiques avec les 4 formules, en comparaison de la formule FCTH+LGG, était plus élevée que la différence statistique pré-spécifiée de 0,25. Le taux d’acquisition d’une tolérance au 36e mois était plus important avec la formule FCTH+LGG.

Cette formule FCTH+LGG pourrait ainsi diminuer le risque de marche atopique en comparaison d’autres formules, par régulation épigénétique des gènes impliqués dans la tolérance immunitaire.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Nocerino R et coll. : The impact of formula choice for the management of pediatric cow’s milk allergy on the occurrence of other allergic manifestations. The Atopic March Cohort Study. J Pediatr., 2021; 232: 183-191. DOI: 10.1016/j.jpeds.2021.01.059

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