Cinq ans après une PCI, le pronostic est plus mauvais pour les femmes que pour les hommes

Les études qui ont évalué, en fonction de leur genre, le devenir des patients ayant bénéficié d’une procédure interventionnelle coronaire percutanée (PCI), sont parvenues, jusqu’alors, à des résultats contradictoires. C’est ce qui a conduit Kosmidou et coll. à tenter de déterminer le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire (CV) dans les 5 années suivant une PCI, en fonction du genre du patient concerné.

Pour ce faire, les auteurs ont :
  1. poolé les données de 21 essais portant sur la PCI ;
  2. recherché une éventuelle association entre le genre du patient et la survenue, à 5 ans, d’un événement CV majeur.
Le critère composite principal regroupe : événement CV majeur (décès d’origine cardiaque, infarctus du myocarde, revascularisation de la lésion cible nécessitée par la présence d’une ischémie myocardique) dans les 5 années suivant la PCI.

Sur les 32 877 patients étudiés, 9 141 (27,8 %) étaient des femmes.

Comparées aux hommes, les femmes étaient plus âgées ; leur indice de masse corporelle était plus élevé ; elles souffraient plus souvent d’hypertension artérielle et de diabète ; elles avaient plus rarement des antécédents de revascularisation myocardique effectuée chirurgicalement ou par PCI.

A la coronarographie, les femmes avaient des sténoses coronaires plus courtes qui se situaient sur une artère d’un plus faible diamètre.

Être femme, un facteur prédictif indépendant de la survenue d’événements CV majeurs

A 5 ans, par rapport aux hommes, les femmes ont présenté un taux plus élevé : d’événements CV majeurs (18,9 % vs 17,7 % ; p = 0,003), de décès de toute cause (10,4 % vs 8,7 % ; p = 0,0008), de décès d’origine cardiaque (4,9 % vs 4,0 % ; p = 0,003) et de revascularisations de la lésion cible nécessitées par la présence d’une ischémie myocardique (10,9 % vs 10,2 % ; p = 0,02).

En analyse multivariée, le genre féminin s’est avéré être un facteur prédictif indépendant de la survenue d’un événement CV majeur (hazard ratio [HR] 1,14 ; intervalle de confiance [IC] 95 % : 1,01 à 1,30 ; p = 0,04) et d’une revascularisation de la lésion cible nécessitée par la présence d’une  ischémie myocardique (HR 1,23 ; IC 95 % : 1,05 à 1,44 ; p = 0,009) ; en contraste, le genre féminin n’était pas un facteur prédictif indépendant de la survenue d’un décès de toute cause (HR 0,91; IC 95% : 0,75 à 1,09 ; p = 0,30) ou d’origine cardiaque (HR 0,97 ; IC 95 % : 0,73 à 1,29 ; p = 0,85).

En conclusion, l’analyse des données individuelles poolées d’une vaste cohorte de patients ayant bénéficié d’une PCI réalisée, à l’époque actuelle, montre clairement que, 5 ans après la procédure coronaire, comparées aux hommes, les femmes sont exposées à un risque plus élevé d’événement CV majeur et de revascularisation de la lésion cible nécessitée par la présence d’une  ischémie myocardique.

Dr Robert Haïat

Référence
Kosmidou L et coll. : Long-Term Outcomes in Women and Men Following Percutaneous Coronary Intervention. J Am Coll Cardiol., 2020 ; 75 : 1631-1640.

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