Consommation de boissons énergisantes par les adolescents : un problème de santé mondial

Les boissons énergisantes, caractérisées par un taux élevé de caféine, stimulants et sucres, sont un problème de santé préoccupant dans le monde entier. Ces boissons, par leur consommation élevée, entraînent des troubles du comportement et du sommeil et apportent des calories favorisant l’obésité. Elles sont souvent associées à une plus grande consommation de tabac, d’alcool et de drogues.

Une enquête néozélandaise s’est appuyée sur un échantillon représentatif à l’échelle nationale de 8 500 écoliers, âgés de 13 ans et moins à environ 17 ans. Ils ont rempli un questionnaire sur tablette comportant 608 items avec des ramifications identifiées de façon à ce que l’adolescent ne réponde qu’aux questions le concernant. L’enquête a porté sur le nombre de consommations de boissons dans la semaine écoulée, les paramètres démographiques, le niveau de vie évalué sur les conditions du logement. La santé mentale a été mesurée par des questions multiples portant sur l’humeur, la vitalité, les centres d’intérêt et un indice de dépression. Les sujets ont été toisés et pesés.

Beaucoup de comportements à risque

Plus d’un tiers (35 %) des jeunes avait consommé une boisson énergisante dans la semaine écoulée et 12 % 4 fois ou plus dans cette période. Les consommations élevées (≥4/semaine) étaient plus fréquentes chez les garçons (16 %), les populations autochtones (18 %), les écoliers de zones défavorisées (21 %). En revanche, il n’existait pas de différences par tranche d’âge des adolescents. Après ajustements en fonction des facteurs de confusion, cette consommation était associée à de plus grands symptômes dépressifs (p<0,001), plus de difficultés émotionnelles et moins de bien-être général subjectif (p<0,001). La consommation fréquente était également associée à plus d’épisodes d’alcoolisation aigüe (Odds Ratio=3,7), de tabagisme (OR=4,7), de conduites sexuelles peu sûres (OR=2,2), de comportements violents (OR=3,5), de conduites dangereuses de véhicules à moteur (OR=3,5), de désordres alimentaires (OR=1,7). En revanche, aucune association n’a été mise en évidence avec les mensurations corporelles.

En conclusion, la consommation de boissons énergisantes est associée à une variété de comportements à risque. Les stratégies pour la limiter sont encore à trouver.

Pr Jean-Jacques Baudon

Référence
Utter J et coll. : Energy drink consumption among New Zealand adolescents: associations with mental health risk behaviours and body size. J Paediatr Child Health 2018 ; 54 : 279-283.

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