Coup de chaleur aux JO, une situation bien particulière pour les athlètes paralympiques 

Le réchauffement climatique n’est pas sans conséquence sur les évènements sportifs. En effet, comment participer en toute sécurité à une compétition lorsque la température frôle les 40 °C à l’ombre ?

Le danger principal est connu : c’est le coup de chaleur à l’exercice (CCE). Cet accident est favorisé par une forte température (> 30 °C), et par toutes les situations où l’évaporation de la sueur est compromise : humidité relative élevée (> 70 %), absence de vent, port de vêtement peu ou pas « respirant », etc. Il est aggravé par une hydratation insuffisante, la consommation d’alcool, la fatigue.

Le coup de chaleur se traduit par des troubles neurologiques avec confusion ou perte de connaissance et une température centrale supérieure à 40 °C. Il s’agit d’une urgence médicale nécessitant une hospitalisation en réanimation.

Pour les Jeux de Tokyo 2020, un groupe d’experts du Comité international olympique avait formulé des recommandations pour la gestion préhospitalière du CCE. Les points clés en étaient le diagnostic précoce, un refroidissement rapide sur place et des soins cliniques avancés.

Chez les sportifs paralympiques, les mécanismes de thermorégulation sont parfois altérés. Par exemple, chez les athlètes en fauteuil, on peut observer des troubles du débit sanguin cutané et des réponses sudoripares en dessous du niveau de l’atteinte médullaire, avec retour veineux réduit et tissus graisseux un peu plus abondants. Ce qui favorise l’accumulation de chaleur.

Adapter les recommandations

Ces constats ont incité un groupe d’experts internationaux, dont un Niçois, à reprendre les recommandations de Tokyo pour les adapter aux pratiquants paralympiques.

Il en ressort une incidence des CCE faible chez les athlètes paralympiques, les pratiquants du cyclisme, du rugby en fauteuil ou du tennis en fauteuil étant les plus exposés. Avec le réchauffement climatique et l’organisation de plus en plus fréquente de compétitions mondiales dans des environnements chauds et humides, ce risque pourrait toutefois évoluer.

Les auteurs concluent que la conduite à tenir en cas de CCE est dans l’ensemble identique à celle des sportifs valides. Toutefois, ils conseillent de revoir la classification des handicaps afin de prendre en compte le degré d’altération des capacités de thermorégulation que ceux-ci impliquent. Par exemple, les athlètes porteurs d’une lésion médullaire sont plus exposés que les autres au CCE. En outre, lors d’une immersion en eau froide, à des fins de refroidissement corporel, ils risqueraient une hypothermie par diminution plus rapide de leur température centrale. Ce qui pourrait justifier l’utilisation d’autres moyens de refroidissement externe.

Ce travail devrait permettre aux sportifs paralympiques, volontiers engagés dans leur pratique (124 records paralympiques ont été battus lors des Jeux paralympiques de Tokyo 2020), de concourir sereinement en dépit des vagues de chaleur pressenties pour 2024, à Paris !

Dr Patrick Laure

Référence
Hosokawa Y, Adami PE et coll. : Prehospital management of exertional heat stroke at sports competitions for Paralympic athletes. Br J Sports Med 2022;56:599 – 604.

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