Covid-19 avec signes digestifs, quelle différence ?

Certes, les symptômes respiratoires et la fièvre sont en général au premier plan de la Covid-19, mais une symptomatologie digestive a été observée dans une proportion significative de cas. Des études se basant sur la PCR ont également montré qu’il existait aussi une transmission fécale-orale. Pour pénétrer dans les cellules, le coronavirus utilise des récepteurs protéiques de l’enzyme de conversion de l’angiotensine-2 (ACE-2), situés à la face externe des membranes plasmiques des cellules pulmonaires, mais aussi rénales et intestinales.

Une équipe de Wuhan qui a étudié, entre décembre 2019 et février 2020, une cohorte de 254 malades nouvellement infectés (139 femmes) et présentant des signes d’atteinte respiratoire les a distingués en 2 groupes : ASD avec symptômes digestifs et SSD sans symptômes digestifs.

Pour ces 2 groupes ont été comparés les antécédents (pathologies associées), les symptômes, les données de l’examen clinique, radiologique et biologique, le traitement et les suites. Chacun des groupes a aussi été divisé en malades au sein du personnel soignant (PS) et au sein de la population générale (PG). Il y avait ainsi 93 PS et 161 PG et 66 ASD (dont 23 PS et 43 PG).

Les femmes ont plus souvent des signes digestifs

La complication de loin la plus fréquente a été la pneumopathie (82 %). Les traitements les plus employés ont été les antibiotiques (98 %), le traitement hormonal (88 %), les antiviraux (76 %) et les immunoglobulines (60 %) La ventilation assistée n’a concerné que 7 % des patients. A la fin de la période, 192 sujets restaient sous traitement, 46 étaient sortis et 16 décédés.

Parmi la PG, l’incidence des ASD a été beaucoup plus élevée chez les femmes (63 %) que chez les hommes (37 %), cette différence étant encore plus marquée au sein du PS (76 % et 24 %). Les malades ASD présentaient en outre des symptômes, tels que mal de gorge, vertige, asthénie, anémie rencontrés significativement moins souvent chez les SSD. En revanche, les taux de C-réactive Protéine et d’alanine transaminase sont plus bas chez les malades ASD, mais ceci ne se retrouve que dans la PG et non dans le PS.

Finalement, les malades porteurs de symptômes digestifs ont eu une évolution et des complications similaires à celles des malades qui n’en étaient pas atteints.

Dr Jean-Fred Warlin

Références
Zhou Z et coll. : Effect of gastrointestinal symptoms in patients with Covid-19. Gastroenterology, 2020;158:2294-2297. doi: 10.1053/j.gastro.2020.03.020

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Vos réactions (1)

  • Ancienne grippe intestinale

    Le 15 septembre 2020

    Ces constatations recoupent nombre de manifestations virales saisonnières, à tropisme respiratoires souvent masqué par ou associé à des signes digestifs de type infectieux qui faisaient parler « dans l’ancien Temps » de grippe intestinale... Utile de le reconnaître et y penser pour ce nouveau SARS mais malheureusement non spécifique. Seule particularité à retenir, la plus grande prévalence féminine à confirmer sous d’autres cieux.
    Particularité génétique? Mais là n’est pas l’urgence.
    A noter aussi la date de cette étude en Décembre à Wuhan,
    Donc encore en pleine pandémie?

    Dr Hubert Alain Bousquet

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