De nouvelles charges contre les particules fines

En 2016, l’exposition à la pollution aurait été à l’origine de 4,2 millions de décès dans le monde. C’est notamment l’exposition aux particules fines, les PM2,5 (diamètre de 2,5 μ ou moins) qui est incriminée. Elle est associée à une augmentation des maladies cardiovasculaires, des maladies respiratoires et des cancers. Les « lignes directrices » de l’OMS relatives à la qualité de l’air, éditées en 2005, préconisent un seuil maximal d’exposition aux PM2,5 de 25 μg/m3 en moyenne sur 24 heures. De nouvelles directives sont attendues pour 2020, et les données scientifiques qui pourraient contribuer à cette mise à jour sont surveillées avec une attention sans égale.

C’est le cas d’une étude réalisée aux États-Unis qui reprend les données de plus de 95 millions d’individus, entre 2000 et 2012. Les auteurs ont évalué les risques absolu et relatifs d’hospitalisation et les coûts correspondants, associés à une augmentation de 1 µg/m3 de l’exposition à court terme aux PM2,5.

Pour 1 µg/m3 de plus, des milliers d’hospitalisations et des millions de dollars dépensés à court terme

Il se trouve que l’exposition à court terme aux PM2,5 est associée à plusieurs motifs d’hospitalisation. Certains de ces motifs sont déjà connus, mais d’autres apparaissent ici pour la première fois. Parmi les causes déjà identifiées, se trouvent les pathologies respiratoires et cardiovasculaires, la maladie de Parkinson, le diabète, les maladies thrombo-emboliques. En ce qui concerne les causes jusqu’ici moins connues, il s’agit des septicémies, des troubles hydro-électrolytiques et de l’insuffisance rénale. L’association apparaît même pour des expositions à des concentrations de PM2,5 par jour inférieures à celles préconisées dans les lignes directrices de l’OMS.

Ces hospitalisations secondaires à l’augmentation de l’exposition aux particules fines ont un impact financier conséquent. En ce qui concerne les maladies déjà connues pour être en lien avec l’exposition aux PM2,5, chaque augmentation de 1 µg/m3 de l’exposition est associée à une augmentation annuelle de 3 642 hospitalisations, 20 098 journées d’hospitalisation et 69 millions de dollars de dépenses. Pour les pathologies jusqu’à présent non associées à la pollution, chaque augmentation de 1 µg/m3 est associée à une augmentation annuelle de plus de 2 000 admissions, à 12 216 jours d’hospitalisation supplémentaires, à 31 millions de dollars (28 millions d’€) de dépenses.

Il faut reconnaître que ces données arrivent à point nommé avant la révision des directives de l’OMS. Si tant est que ces dernières soient entendues.

Dr Roseline Péluchon

Références
Wei Y et coll. : Short term exposure to fine particulate matter and hospital admission risks and costs in the Medicare population: time stratified, case cross over study. BMJ 2019;367:l6258. doi.org/10.1136/bmj.l6258

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