Du fructose, oui, mais pas n’importe lequel

Les recommandations actuelles préconisent de réduire à moins de 5-10 % l’apport énergétique par des sucres libres (monosaccharides tels glucose et fructose et disaccharides tels le saccharose ou sucre de table). Est particulièrement visé le fructose, à travers notamment les boissons sucrées en contenant. Certains travaux ont en effet établi un parallèle entre l’augmentation de la prévalence mondiale de l’obésité et du diabète et le début de l’utilisation du sirop de maïs à teneur élevée en fructose dans la fabrication des sodas et autres boissons sucrées autour des années 70.

Ce lien reste toutefois contesté. Le fructose est rarement consommé seul. Il est présent dans une variété de sources alimentaires et fréquemment associé au glucose qui pourrait influencer son métabolisme. Des études prospectives menées sur des patients diabétiques ont montré que le lien entre fructose et maladies métaboliques dépend de la source alimentaire. Remarquons que le fructose est présent dans des aliments aussi différents du point de vue nutritionnel que les boissons sucrées et les fruits.

C’est la raison pour laquelle une équipe canadienne a réalisé une revue de la littérature et une méta-analyse de 155 études d’intervention contrôlées, incluant au total 5 086 patients, diabétiques ou non. Ces études évaluaient l’effet de différentes sources alimentaires contenant du fructose sur le contrôle de la glycémie.

Pas d’influence nocive des fruits sur le contrôle glycémique

L’analyse des données montre que plusieurs paramètres interviennent sur les effets de la consommation de fructose sur 3 mesures de contrôle de la glycémie (hémoglobine glyquée (HbA1c), glycémie à jeun et insulinémie à jeun), pour une consommation médiane allant de 12,2 % à 23 % de l’apport énergétique total et pendant un suivi médian allant de 4,5 à 12 semaines.

Il apparaît que les effets de la consommation de fructose dépendent à la fois de l’importance de l’apport énergétique et de la source alimentaire. Les aliments contenant naturellement du fructose, particulièrement les fruits, améliorent les taux de l’HbA1c, sans modifier la glycémie à jeun ni l’insulinémie à jeun. En revanche, quand plusieurs types d’aliments sucrés contenant du fructose sont associés (particulièrement à des boissons sucrées), elles sont à l’origine d’un apport énergétique excessif, augmentant significativement la glycémie à jeun et l’insulinémie.

Ainsi, le contrôle de l’apport énergétique total et la source alimentaire de fructose sont les médiateurs de l’impact de la consommation de celui-ci sur le contrôle glycémique. La majorité des sources alimentaires de fructose (comme les fruits) n’ont pas d’effet nocif sur ce contrôle. Toutefois il existe de nombreux aliments contenant du fructose (particulièrement les boissons sucrées) qui constituent un excès d’apport énergétique pour l’alimentation et ont un impact négatif sur le bilan métabolique.

Les auteurs notent enfin que le bénéfice des interventions visant à réduire les apports énergétiques par les sucres ne se confirme pas dans l’analyse des études retenues, notamment en ce qui concerne la prise en charge des diabétiques.

Dr Roseline Péluchon

Références
Choo V.L. et coll. : Food sources of fructose-containing sugars and glycaemic control: systematic review and meta-analysis of controlled intervention studies. BMJ 2018;363:k4644

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