Du SARS-CoV-2 dans le lait maternel...

C'est ce qu'ont mis en évidence des virologues de l'université d'Ulm (Allemagne).

Dans un article publié récemment dans le Lancet, ils présentent les cas de deux femmes allaitantes, atteintes du Covid-19, dont les nouveau-nés ont été infectés.

La première femme a présenté des symptômes légers du Covid-19 dès le lendemain de son accouchement, et a été testée positive au SARS-CoV-2 à J4. Elle a alors été isolée avec son bébé. Celui-ci a développé des symptômes respiratoires, et il a été testé positif à J8.

Tous les deux ont guéri en quelques jours et ont quitté l'hôpital à J17.

La recherche du SARS-CoV-2 dans le lait maternel, faite avec un test RT-qPCR ciblant les gènes N et ORF1b-nsp14, sur quatre échantillons de lait maternel entier ou écrémé entre J12 et J14, est restée négative.

La seconde femme a accouché deux jours après la première, avec qui elle a partagé la même chambre entre J1 et J4, puis elle a quitté la maternité avec son enfant.

Elle a présenté des symptômes légers de Covid-19 dès J6, elle a été testée positive au SARS-CoV-2 à J8. Son nouveau-né a été testé positif trois jours plus tard (J11). Ils ont alors été réhospitalisés en raison de la survenue d'un ictère néonatal et de troubles respiratoires du nouveau-né. Celui-ci a bénéficié d'une photothérapie et d'une assistance respiratoire. Il a à nouveau été testé positif à plusieurs reprises (J19, J21) pour le RSV et pour le SARS-CoV-2. La mère et le bébé ont quitté l'hôpital à J25 après la négativation des tests.

Préciser les dangers de l’allaitement

La recherche du SARS-CoV-2 dans le lait maternel, faite avec le même test (RT-qPCR ciblant les gènes N et ORF 1b-nsp14), a été positive sur quatre échantillons de lait maternel (entier ou écrémé) entre J10 et J13, puis s'est négativée (J14 et J25).

La charge virale du SARS-CoV-2, définie par la valeur du Ct pour SARS-CoV-2 N, a présenté un pic à 29,8 dans le lait entier et 30,4 dans le lait écrémé, correspondant respectivement à 1,32x106 copies/ml et 9,48x106 copies/ml, ce qui laisse penser que dans le lait entier la charge virale est sous-évaluée. Des composants du lait pourraient ainsi gêner la détection et la quantification de l'ARN viral.

Tout au long de cette observation, il est bien précisé toutes les précautions sanitaires qui ont été suivies, tant pour l'allaitement que pour le recueil des prélèvements.

Il est impossible de savoir si le nouveau-né de la seconde femme a été contaminé par le lait ou par un autre mode de transmission. D'autres tests devront être faits sur le lait maternel pour savoir si les femmes infectées par le SARS-CoV-2 font courir un risque à leur bébé en l'allaitant.

Dr Catherine Vicariot

Référence
Groß R et col. Detection of SARS-CoV-2 in human breastmilk Lancet, 2020; publication en ligne le 21 mai. doi.org/10.1016/ S0140-6736(20)31181-8.

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