Gonarthrose : plasma riche en plaquettes ou acide hyaluronique ?

Plusieurs options existent pour la prise en charge de l’arthrose : traitements conservateurs (injection d’acide hyaluronique) ou chirurgicaux (mise en place d’une prothèse). La recherche actuelle se penche sur de nouvelles méthodes pour stimuler la réparation ou remplacer le cartilage endommagé. En particulier, les connaissances les plus récentes sur la biologie tissulaire concernent une régulation complexe par les facteurs de croissance (GF). L'influence des GFs sur la réparation du cartilage a été étudiée in vitro et in vivo, et le plasma riche en plaquettes (PRP) est une méthode simple, peu coûteuse et peu invasive qui fournit un concentré naturel de GF autologues du sang. Quel effet sur la clinique et la qualité de vie du patient apporte l’injection de PRP par rapport à l’AH ? Dans Clinical Rehabilitation, Claudio Lisi et coll. publient les résultats d’un essai contrôlé randomisé en aveugle avec résultats en intention de traiter comparant l'efficacité du PRP (plasma riche en plaquettes) et celle de l'acide hyaluronique (AH) en injections intra-articulaires chez des personnes souffrant de gonarthrose.

Avantage aux injections de PRP

Le protocole mis en place concernait des patients atteints d'arthrose du genou de grade 2-3 à l'imagerie par résonance magnétique (IRM) ; ils ont reçu trois injections intra-articulaires de PRP (groupe intervention) ou d’AH (groupe témoin) toutes les 4 semaines. Ainsi, 30 patients ont été randomisés dans le groupe interventionnel et 28 dans le groupe témoin. Le nombre de patients avec au moins une amélioration de grade 1 à l'IRM, 6 mois après l’injection était de 14 (48,3 %) dans le groupe intervention et 2 (8 %) dans le groupe témoin (P < 0,003). L'amélioration des symptômes et des scores sur les échelles fonctionnelles (indice d'arthrose des universités Western Ontario et McMaster (WOMAC), American Knee Society Score (AKSS), Lequesne, échelle visuelle analogique pour la douleur) était significativement plus importante dans le groupe d'intervention. Aucun effet secondaire n'a été observé dans les deux groupes.

Cet essai, bien que de faible puissance statistique mais de bonne fiabilité méthodologique, suggère que le PRP dans le cas de l’arthrose du genou, amène une amélioration des symptômes plus nette que celle procurée par l’AH six mois après le traitement, avec en particulier une diminution de la douleur et une  meilleure fonction ainsi qu’une meilleure qualité de vie globale.

Anne-Céline Rigaud

Référence
Lisi C et coll.: Treatment of knee osteoarthritis: platelet-derived growth factors vs. hyaluronic acid. A randomized controlled trial. Clin Rehabil., 2018; 32(3): 330-339.

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