La diététique peut-elle influencer le risque génétique de diabète ?

Le risque individuel de survenue d’un diabète de type 2 est la conséquence d’une interaction entre le mode de vie et les facteurs diététiques dans un contexte de prédisposition génétique. Actuellement, 243 loci génétiques ont été associés avec le risque de diabète de type 2. Ils ont permis l’élaboration de scores de risque polygénique, prédictifs de l’incidence d’un diabète de type 2. L’influence que peuvent avoir les modifications des facteurs diététiques sur le risque déterminé par la génétique est encore assez mal définie.

Le British Medical Journal publie les résultats d’une méta-analyse de données individuelles de plus de 100 000 patients européens diabétiques de type 2, dont le score de risque polygénique a été établi sur la présence de 68 variants.

Il apparait que le risque de survenue d’un diabète de type 2 augmente de 64 % pour chaque augmentation de 10 allèles à risque dans le score polygénique (HR [Hazard ratio] = 1,64 ; intervalle de confiance à 95 % [IC95] de 1,54 à 1,75).

L’augmentation de la consommation de graisses polyinsaturées et celle de graisses polyinsaturées omega-6 en remplacement des hydrates de carbone sont associées à une réduction du risque de diabète de type 2 (HR = 0,90 ; IC95 de 0,82 à 0,98 et HR = 0,99 ; IC95 de 0,97 à 1,00 respectivement). L’augmentation de la consommation de graisses monoinsaturées à la place des hydrates de carbone est associée à une augmentation de 10 % du risque de diabète de diabète 2 (HR = 1,10 ; IC95 de 1,01 à 1,19).
 
En revanche, les données ne permettent pas de mettre en évidence d’interaction significative entre le profil de risque génétique et la qualité des graisses consommées sur l’incidence du diabète de type 2.

Ces résultats ne confirment donc pas le bien-fondé du concept de recommandations « sur mesure » en prévention primaire, sur la qualité des graisses consommées pour modifier le risque polygénique de diabète de type 2. Ils suggèrent que la consommation de graisses est associée au risque de diabète de type 2, quel que soit le risque polygénique.

Ces données sont intéressantes à l’heure où les profils de risque génétiques semblent se frayer une place grandissante dans la médecine préventive.
 

Dr Roseline Péluchon

Référence
Merino J et coll. : Quality of dietary fat and genetic risk of type 2 diabetes: individual participant data meta-analysis. BMJ 2019 ; 366: l4292.

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