La létalité de la Covid-19 a diminué de moitié au Royaume-Uni entre mars et mai 2020

De très nombreuses études internationales de cohortes ont permis d’identifier plusieurs facteurs de mauvais pronostic pour les patients hospitalisés pour une Covid-19 sévère. L’âge avancé, le genre masculin ou l’origine ethnique sont des facteurs de risque non modifiables. Les comorbidités, comme les pathologies cardiovasculaires, l’hypertension, les pathologies hépatiques, l’état respiratoire, le cancer et l’obésité sévère, sont, elles aussi, associées à un risque élevé de mortalité.

Les données d’hospitalisation suggèrent toutefois l’existence d’autres facteurs de risque. Le Lancet publie les résultats d’une analyse rétrospective des comptes-rendus d’hospitalisation de plus de 91 000 patients adultes, hospitalisés pour une Covid-19 sévère, parmi lesquels 32 % sont décédés au cours de l’hospitalisation. L’objectif était de comprendre les « tendances » évolutives de la mortalité au fil du temps et le rôle des facteurs démographiques et cliniques dans le pronostic.

L’analyse porte sur les données recueillies entre le 1er mars et le 31 mai 2020, soit au cours des 3 mois où l’activité a été la plus intense dans les hôpitaux au cours de la première phase de la pandémie en Angleterre.

Plusieurs théories mais pas d’explication

Au-delà des facteurs de risque de mauvais pronostic déjà connus, l’un des principaux constats de l’étude est que, après ajustement pour les facteurs démographiques et socioéconomiques, et les comorbidités, la probabilité de décès diminue de plus de moitié au fil des 3 mois, de façon linéaire, passant d’une moyenne de 52,2 % la première semaine de mars à 16,8 % la dernière semaine de mai. Il ne semble pas que la létalité élevée du début de la pandémie soit liée à la surcharge des hôpitaux, puisque le taux de décès diminuait déjà début avril alors que le nombre d’hospitalisations augmentait encore. La diminution de la mortalité est plus nette chez les patients de plus de 70 ans.



Des mutations du SARS-CoV-2 et des modifications de la sensibilité aux antigènes leucocytaires peuvent avoir modifié la présentation clinique au fil du temps et donc le risque de décès. Toutefois, selon les auteurs, la tendance observée est plutôt liée à d’autres facteurs, indépendants du patient, parmi lesquels les modifications de la prise en charge au fur et à mesure que les connaissances s’amélioraient. Ces facteurs devront être explorés pour adapter au mieux la réponse au virus. La masse inédite de données recueillies à travers le monde peut rendre la tâche complexe.

Dr Roseline Péluchon

Référence
Navaratnam A.V. et coll. : Patient factors and temporal trends associated with COVID-19 in-hospital mortality in England: an observational study using administrative data. Lancet Respir Med., 2021 ; publication avancée en ligne le 15 février. doi: 10.1016/S2213-2600(20)30579-8.

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